L’Afrique franchit un cap historique avec le lancement officiel de son intégration monétaire. Les gouverneurs des banques centrales du continent et la Commission de l’Union africaine ont concrétisé la création de l’Institut monétaire africain (IMA), actant ainsi la mise en place de cette institution clé en ce mois de septembre 2026. Portée par l’Association des banques centrales africaines (ABCA) et ses institutions membres, cette initiative s’inscrit dans le droit fil de l’adoption des statuts de l’IMA par les chefs d’État et de gouvernement de l’UA le 15 février 2026.
L’intégration monétaire africaine franchit une étape décisive. La Commission de l’Union africaine et les gouverneurs des banques centrales du continent en mettant en place l’Institut monétaire africain (IMA) en septembre 2026. Porté par l’Association des banques centrales africaines (ABCA), qui réunit 41 institutions de régulation, ce projet constitue un jalon essentiel vers l’établissement de la Banque centrale africaine et le déploiement d’une monnaie unique à l’échelle du continent.
“ L’évaluation menée au Nigéria a confirmé que nous disposons d’institutions de classe mondiale. Nous maintenons fermement le cap pour un lancement de l’opération de l’IMA en septembre 2026. L’IMA est le point indispensable vers la banque centrale africaine.”
Francisca Tatchouop Belobe, Commissaire au Développement économique et au Commerce de l’UA
L’IMA vise avant tout à favoriser la convergence macroéconomique à l’échelle continentale, en assurant le suivi des politiques monétaires et en mettant en place des leviers d’action partagés. Cette démarche ambitionne d’harmoniser progressivement les modèles économiques régionaux pour améliorer leur résilience face aux secousses internationales, un défi majeur au regard des fortes disparités des taux directeurs en Afrique.
“ Bien que le chemin pour parvenir à la monnaie unique africaine soit encore long et jonché de nombreux défis, les progrès qui ont été réalisés à ce stade montrent que par la collaboration, la synergie et la détermination de tous, nous parviendrons à atteindre nos objectifs.”
Yvon Sana Bangui, Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale – Centrafrique
Pour l’ABCA ainsi que l’Union africaine, la priorité consiste désormais à concrétiser ces orientations pour bâtir le socle institutionnel de la future union monétaire prévue par l’Agenda 2063. L’organisme jouera ainsi un rôle central dans la coordination, le suivi conjoncturel et la préservation de la stabilité financière sur l’ensemble du territoire.
“ Nous avons été très satisfaits de constater la satisfaction de la délégation de l’Union africaine quant à l’état, à la taille et à l’adéquation générale des locaux aux besoins opérationnels immédiats de l’institut.”
Olayemi Yemi Cardoso, Gouverneur de la Banque centrale – Nigéria
Au cours de l’année 2025, les orientations monétaires des institutions centrales africaines sont restées très hétérogènes. La BCEAO a assoupli son taux directeur à 3,25 %, portée par une inflation nulle et une croissance dynamique de 6,6 % dans l’UMOA. De leur côté, le Maroc a maintenu son niveau à 2,25 % et l’Afrique du Sud l’a abaissé à 6,75 %. En revanche, contraints par de vives tensions inflationnistes, le Nigeria et l’Égypte ont conservé des taux élevés (respectivement 27,50 % et 27,25 %), alors que la Zambie l’a porté à 14,5 %.