Afrique – Lutte contre l’insécurité routière : des motocyclistes formés au secourisme

Avec 27 millions d’engins en circulation en Afrique subsaharienne, les deux et trois-roues occupent une place croissante dans la mobilité. Mais cette progression s’accompagne d’un lourd bilan humain. Face à des accidents dont 90 % seraient liés au facteur humain, la formation des motocyclistes aux gestes de premiers secours apparaît comme un nouveau levier de prévention et de réduction des conséquences des accidents.  

Devenus incontournables dans les déplacements quotidiens en Afrique subsaharienne, les deux et trois-roues atteignent désormais 27 millions d’engins, selon la Banque mondiale. Mais cette croissance s’accompagne d’un risque élevé sur les routes. Dans plusieurs pays de la région, les motocyclistes sont impliqués ou responsables de 50 à 70 % des décès routiers, d’après l’OMS . À l’échelle du continent, les usagers de ces engins  représentent environ 23 % des décès liés aux accidents de la circulation, renseigne le Global Status Report on Road Safety, publié par l’OMS.

Le secours n’est pas seulement un ensemble de techniques et de gestes d’urgence appliqués à une personne en danger ou victime d’un accident, mais il est avant tout un acte de citoyenneté, de solidarité et d’humanité.

Innocent Mallanda, Président de la Croix-Rouge Congolaise

Derrière ces statistiques, un facteur revient régulièrement : le comportement des usagers. Conformément au rapport Afro-safe academy du Lund University de Tanzanie,  90 % des accidents seraient liés au facteur humain, alors que le port du casque reste inférieur à 20 %. Dans ce contexte,une formation en secourisme a été lancée le 4 septembre 2026 à Brazzaville au Congo pour  apprendre aux motocyclistes à réagir face à un accident. Cette démarche s’inscrit dans le plan de régulation et de professionnalisation du secteur des taxis-motos entamé par la Direction générale des transports terrestres, et vise à  enseigner aux conducteurs les gestes de premier secours pour qu’ils adoptent les réflexes qui sauvent immédiatement sur le terrain, étant souvent les premiers témoins lors de la survenance des accidents.

J’invite les motocyclistes à prendre à bras le corps tous les bénéfices de cette formation. L’assiduité, la promptitude et la disponibilité dans les apprentissages seront les maîtres mots de notre réussite.

Innocent Mallanda, Président de la Croix-Rouge Congolaise

Il s’agit désormais d’introduire une culture du secours auprès d’acteurs présents au quotidien sur les routes. Une orientation qui répond à une préoccupation continentale, car  l’Afrique reste la région du monde affichant le taux de mortalité routière le plus élevé, avec 19,4 décès pour 100 000 habitants selon l’OMS. Former les motocyclistes au secourisme, c’est ainsi agir à la fois sur la prévention et sur les minutes qui suivent l’accident, en attendant l’intervention des services compétents. L’enjeu est désormais de faire de cette compétence un réflexe durable de sécurité routière.

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