Passer au contenu principal

Africa24 TV

Afrique : près de 70 % des femmes dans le commerce transfrontalier informel

Les femmes entrepreneures s’imposent comme des actrices clés de l’intégration économique de l’Afrique dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), elles représentent environ 70 % des commerçants informels transfrontaliers du continent, tandis que la Banque mondiale estime que la pleine mise en œuvre de la ZLECAf pourrait accroître les exportations africaines de 29 % et les exportations intra-africaines de plus de 80 % d’ici 2035. Toutefois, pour concrétiser ces opportunités, il sera indispensable d’améliorer l’accès au financement, à l’information, aux compétences numériques et de simplifier les procédures commerciales.

Alors que la mise en œuvre de la ZLECAf s’accélère, les décideurs politiques et les partenaires au développement placent les femmes entrepreneures au cœur de l’agenda commercial africain. Selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), les femmes représentent environ 70 % des commerçants transfrontaliers informels du continent. À cet égard, l’adoption du Protocole sur les femmes et les jeunes dans le commerce constitue une avancée majeure pour garantir que les entreprises détenues par des femmes bénéficient du marché unique africain, tout en réduisant les obstacles persistants à leur participation au commerce régional.

« Si nous donnons aux femmes qui sont en première ligne, notamment dans le commerce transfrontalier, les moyens de lever les obstacles qui se dressent sur leur chemin, elles pourront insuffler la dynamique nécessaire à la mise en œuvre de la ZLECAf. De plus, si les femmes parviennent à concrétiser leurs ambitions entrepreneuriales, 80 à 90 % de leurs bénéfices sont réinvestis dans des activités sociales, l’éducation, la santé et la nutrition. C’est un atout que seules les femmes peuvent revendiquer. »

Ahunna Eziakonwa, Administratrice adjointe du PNUD et directrice régionale pour l’AfriqueNigeria

Selon la Banque mondiale, la pleine mise en œuvre de la ZLECAf pourrait accroître les exportations africaines de 29 % et les exportations intra-africaines de plus de 80 % d’ici 2035. Toutefois, d’importants défis persistent. L’accès limité au financement, l’insuffisance d’informations sur les marchés, la lourdeur des procédures frontalières et le faible niveau de compétences numériques et financières continuent de freiner le développement des entreprises dirigées par des femmes. Les responsables estiment que la levée de ces obstacles exige une action coordonnée impliquant les gouvernements, les institutions financières, les partenaires au développement et le secteur privé, plutôt que des interventions isolées.

« On ne peut pas résoudre les problèmes de manière isolée. Il faut les aborder de façon intégrée. Par exemple, l’accès au financement implique de dialoguer avec les banques, les institutions de financement du développement et les assureurs. Les problèmes aux frontières nécessitent le renforcement des capacités des administrations douanières. Quant à la formation, notamment en matière de compétences numériques et financières, elle requiert des partenaires capables de participer à ces programmes, que nous devons impérativement développer de façon intégrée. »

Cynthia Gnassingbé-Essonam, Directrice de l’engagement et de la communication auprès du secteur privé, Secrétariat de la ZLECAfTogo

Les pays africains intensifient leurs efforts nationaux de mise en œuvre afin de concrétiser la ZLECAf en opportunités pour les entreprises détenues par des femmes. Au Nigéria, les autorités déploient des guides commerciaux simplifiés, étendent les campagnes de sensibilisation et organisent des ateliers de formation financière pour doter les entrepreneuses des connaissances et des outils nécessaires pour commercer sur les marchés africains. Les responsables indiquent que la prochaine phase de l’accord sera évaluée non pas en fonction des engagements politiques, mais du nombre d’entreprises qui commercent avec succès dans le cadre de la ZLECAf.

“En avril dernier, nous avons publié au Journal officiel le calendrier provisoire des concessions tarifaires pour le commerce des marchandises, ce qui a marqué notre volonté d’étendre et de bénéficier de taux préférentiels dans le cadre de la ZLECAf. Peu après, nous avons ouvert un nouveau corridor de fret aérien entre le Nigéria et l’Ouganda. Notre objectif était de pénétrer le marché est-africain. Il y a trois semaines, nous avons ouvert un autre corridor de fret aérien, cette fois avec le Rwanda, afin d’acheminer nos marchandises vers le Rwanda puis vers le Corridor Sud. Nous sommes actuellement en pourparlers avec la compagnie aérienne d’Alger, car notre ambition ne se limite pas à la signature d’un document. Par ailleurs, pour répondre à l’une des préoccupations soulevées par un opérateur concernant l’information et la sensibilisation, le Bureau de coordination de la ZLECAf au Nigéria a organisé, sous l’égide du Bureau de coordination, un sommet P3. P3 signifie Public, Privé et Presse. Notre objectif est de simplifier l’architecture de la ZLECAf en la rendant accessible à tous”.

Patience Okala, Coordonnatrice nationale, Bureau de coordination de la ZLECAf au NigériaNigéria

Alors que la ZLECAf passe de la négociation à la mise en œuvre, l’autonomisation des femmes entrepreneures devient essentielle pour exploiter pleinement le potentiel de l’accord. En supprimant les obstacles au financement, aux compétences, à l’information sur les marchés et au commerce transfrontalier, les pays africains peuvent garantir que les femmes jouent un rôle de premier plan dans le développement du commerce intra-africain, le renforcement des chaînes de valeur régionales et la promotion d’une transformation économique inclusive.

Agenda

logo Africa24tv

CONTACTEZ NOUS

xxxxxxx@yyy.com