L’Afrique souffre d’une dépendance structurelle en important 95 % de ses vaccins et 70 % de ses médicaments. La pandémie de Covid-19 a mis en lumière cette vulnérabilité, érigeant la souveraineté en priorité absolue. L’Union Africaine et l’Africa CDC ambitionnent désormais de produire localement 60 % des vaccins d’ici 2040. Ce projet requiert une refonte complète de l’écosystème de santé, de la recherche jusqu’à la distribution. Face au déclin de l’aide internationale, la création de mécanismes de financement autonomes est cruciale. L’alignement sur les standards de qualité les plus stricts est indispensable pour attirer les investisseurs. Une action politique unie transformera ainsi ce défi sanitaire en un moteur de développement durable.
L’Afrique fait face à une dépendance structurelle critique, important plus de 95 % de ses vaccins et 70 % de ses médicaments. Cette vulnérabilité, cruellement mise en lumière par la pandémie de Covid-19, a poussé le continent à ériger la souveraineté sanitaire en priorité absolue. Sous l’impulsion de l’Union Africaine et de l’Africa CDC, l’objectif est désormais clair : produire localement 60 % des besoins en vaccins d’ici 2040. Cette transition requiert une refonte complète de l’écosystème, de la recherche à la mise sur le marché. Pour les dirigeants du continent, les efforts actuels, bien que réels, doivent changer d’échelle pour garantir une autonomie totale et interconnectée.
“L’Afrique du Nord a renforcé sa production de vaccins, mais cela reste insuffisant. Ce que font le Ghana, le Rwanda, l’Égypte ou l’Afrique du Sud ne suffit pas. Nous devons en faire plus. C’est l’impératif auquel nous sommes confrontés. La souveraineté sanitaire exige une capacité de production de bout en bout, et non de simples solutions partielles. En fin de compte, si nous entamons un processus sans le mener à son terme, ce sont les patients qui devront être soignés qui risquent de mourir. Il est donc capital de comprendre l’importance d’une approche intégrée de bout en bout. De même, il est crucial de saisir ce que cela implique à chaque étape : de la construction des infrastructures au développement, en passant par les essais cliniques et la réglementation. La COVID-19 a été un réveil douloureux. Elle nous a démontré que, lorsque le monde est en crise, l’Afrique ne peut pas simplement compter sur la bienveillance des autres. “
Hakainde Hichilema, Président de la République – Zambie
Au-delà de la nécessité d’une chaîne de valeur intégrée, les données économiques confirment l’urgence de s’affranchir de l’aide internationale pour soutenir un marché en forte croissance.
» L’Afrique représente 17 % de la population mondiale et compte pour 25 % de la demande globale de vaccins. Pourtant, nous produisons moins de 1 % de notre propre approvisionnement. Le marché africain des vaccins s’élève actuellement à 1,3 milliard de dollars et devrait atteindre 4,3 milliards de dollars d’ici 2030. Parallèlement, l’aide publique au développement pour la santé a connu une baisse de 4,7 % entre 2021 et 2025. Ces réalités nous imposent une conclusion unique : le financement autonome de la santé n’est plus une option, il est devenu une nécessité absolue.”
Kwabena Mintah Akandoh, Ministre de la Santé – Ghana
Pour pérenniser cette ambition, le continent s’aligne sur les standards internationaux les plus stricts afin de sécuriser les investissements et de garantir la confiance des consommateurs.
“En effet, tout ce que nous fabriquons en Afrique ne doit pas souffrir de standards que d’autres qualifieraient d’inférieurs. Nous sommes engagés, en tant que nation et en tant que continent, à suivre les directives fortes de nos dirigeants. L’Afrique produira, consommera et partagera avec le reste du monde des médicaments et des produits de santé locaux. Ce seront des produits de qualité qui établiront les normes de fabrication, tant à l’échelle continentale qu’internationale.. “
Macdes Daba, Ministre de la Santé – Ethiopie
Selon de nombreux experts, l’émancipation sanitaire de l’Afrique ne pourra s’accomplir sans une volonté politique unie et un cadre réglementaire rigoureux. Le passage d’une médecine d’importation à une industrie de production locale de bout en bout constitue le véritable levier de résilience du continent face aux crises futures.