Afrique : protection sanitaire de 44,4 millions de déplacés

Alors que les crises sanitaires se multiplient, l’Africa CDC et l’OIM unissent leurs expertises dans un accord stratégique 2026-2028. Ce partenariat vise à renforcer la sécurité des populations mobiles et à structurer la réponse aux urgences transfrontalières en Afrique. En ciblant la surveillance épidémiologique et la gestion des flux migratoires, cette alliance propose une feuille de route concrète aux 55 États membres de l’Union africaine pour anticiper les épidémies futures. 

Face à l’accélération des crises sanitaires mondiales, l’Afrique se trouve à un tournant critique pour la sécurité de ses populations les plus mobiles. Avec plus de 100 urgences de santé publique notifiées chaque année, la perméabilité des frontières face aux virus impose une riposte coordonnée. C’est le sens de l’accord stratégique 2026-2028 scellé entre les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) : ériger un rempart sanitaire capable de neutraliser les menaces épidémiques avant qu’elles ne dévastent les régions les plus exposées.

La CDC d’Afrique a renforcé les capacités à travers le continent sur les modalités de soutien du système de gestion des incidents. (0:16) Beaucoup de nos institutions nationales de santé publique et ministères de la Santé ont fait un excellent travail (0:25) en mettant en place des centres d’opérations d’urgence pour soutenir la réponse aux épidémies. (0:29) Nous sommes donc à un certain niveau confiants, mais pas trop confiants. 

Dr Tolbert Geewleh Nyenswah, Directeur Préparation Pandémies, Africa CDC Libéria

Au centre de ce dispositif, une priorité humaine absolue : la survie des 44,4 millions de déplacés internes et réfugiés sur le continent. Ce chiffre record illustre une vulnérabilité extrême, où des millions d’êtres humains, déracinés par les guerres et le chaos climatique, s’entassent dans une précarité qui offre un terrain fertile aux flambées de choléra, d’Ebola ou de mpox. En y ajoutant les 40,4 millions de migrants internationaux, l’enjeu devient colossal. L’accord Africa CDC-OIM brise l’isolement sanitaire de ces populations en garantissant que les flux migratoires ne soient plus des zones d’ombre, mais des corridors sécurisés où l’accès aux soins devient un droit effectif plutôt qu’un privilège inaccessible.

Nous pouvons laisser notre gaz, nous devons nous assurer que nous continuons la préparation. (0:51) Les événements liés aux maladies infectieuses, par exemple Ebola et la Mpox qui vient d’arriver, (1:03) ainsi que la pandémie de COVID-19, ont permis aux pays africains d’apprendre de nombreuses leçons. (1:08) Il est important de mettre en place un système de surveillance à l’entrée des frontières. 

Dr Tolbert Geewleh Nyenswah, Directeur Préparation Pandémies, Africa CDC Libéria

Pour les 55 États membres de l’Union africaine, la feuille de route 2026-2028 impose un changement de paradigme. Il ne s’agit plus de subir les alertes, mais de structurer la résilience : surveillance épidémiologique systématique aux frontières, accès inconditionnel aux vaccins pour les déplacés et intégration des risques climatiques. Ce partenariat selon des experts permettra de transformer la mobilité humaine en un levier de sécurité sanitaire durable, assurant que plus aucune crise ne laisse les plus fragiles sur le bord de la route.

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