Accélérer la mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine et désenclaver les cœurs miniers de l’Afrique centrale et australe : c’est toute l’ambition du Corridor de Lobito. Ce chemin de fer transfrontalier reliant l’Angola, la République Démocratique du Congo et la Zambie vise à transformer radicalement la logistique du commerce sous-régional.
Révolutionner le commerce sous-régional en Afrique centrale et australe : c’est le pari du Corridor de Lobito. Ce tracé ferroviaire de 1 300 kilomètres relie l’hinterland à l’océan Atlantique pour capter 50 % des 3 millions de tonnes de minéraux stratégiques de la RDC et de la Zambie. En éliminant le détour routier de 2 000 km vers l’Afrique du Sud, ce couloir fait s’effondrer les délais de transport de 30 à 45 jours par route à seulement 4 à 8 jours par rail, tout en réduisant les coûts logistiques de 30 % à 40 %. Une transformation radicale pour l’intégration économique régionale.
“ Notre mission en tant qu’un continent ne doit pas être cachée . Nous sommes un continent qui fait le moins d’achats et d’investissements avec soi-même L’Afrique a été fragmentée et vulnérable à cause de cette fragmentation. Mais nous savons tous que notre zone libre échange continentale ne peut pas exister en l’air Des corridors comme celui-ci sont des blocs de construction extrêmement importants pour la réalisation du futur continental africain. ”
Hakainde Hichilema , Président de la République – Zambie
Au-delà de la logistique de transport, ce projet porté par les États membres et soutenu par 753 millions de dollars de financements internationaux s’inscrit dans une logique de chaîne de valeur industrielle. L’enjeu stratégique consiste à sortir du schéma d’exportation de matières brutes pour créer, grâce à des zones économiques dédiées, des pôles de transformation locale à forte valeur ajoutée .
“ Le grand projet du corridor du Lobito, ce chemin de fer en Angola qui s’étale sur 1300 km jusqu’au port angolais de Lobito sur l’océan Atlantique et l’ambition de la République démocratique du Congo et de la Zambie, d’où partent aussi des produits miniers, c’est de ne pas simplement mettre en place un couloir de transport, mais plutôt de faire de ce corridor une vraie zone de développement où seraient localisées des usines de transformation. Il est envisagé déjà entre les deux pays, la Zambie et la République démocratique du Congo, une zone économique spéciale, transfrontalière, pour la production des composants des batteries électriques.”
Daniel Mukoko Samba, Vice-premier ministre – RD Congo
En intégrant la logistique portuaire, l’agro-industrie et le fret marchand, ce tracé ferroviaire ouvre de nouvelles perspectives d’échanges interafricains.
“Cela va améliorer l’infrastructure économique à travers les différents secteurs. Ce corridor s’ouvre au monde et aux marchés locaux. Il inclura virtuellement tous les types d’échanges imaginables, de l’agriculture et de la logistique au secteur de l’ion et de l’acier.”
António Manuel Cabral, Président du chemin de fer de Benguela – Angola
En substituant le rail au réseau routier transfrontalier, le Corridor de Lobito s’impose comme le levier infrastructurel majeur pour matérialiser les ambitions commerciales et industrielles de l’Afrique en matière d’intégration régionale.