Au sein de la Galerie Bushman à Abidjan , plusieurs sculptures liées à l’art Nok sont exposées, offrant aux visiteurs un aperçu concret de cette tradition artistique ancienne. Ces œuvres permettent d’observer la finesse des formes et des visages caractéristiques de la sculpture Nok. Une rencontre avec un patrimoine africain vieux de plusieurs millénaires.
Au centre du Nigeria actuel, une civilisation vieille d’environ 3 500 ans continue de livrer ses secrets. La culture Nok apparaît vers 1500 avant notre ère et s’étend sur près de 1 500 ans, jusqu’aux derniers siècles avant notre ère. Elle est surtout célèbre pour ses sculptures en terre cuite, considérées comme l’une des plus anciennes grandes traditions de sculpture figurative d’Afrique subsaharienne. Des œuvres dont certaines sont aujourd’hui visibles en Côte d’Ivoire, notamment à la Galerie Bushman, où plusieurs sculptures permettent au public de découvrir de près l’esthétique singulière de cette civilisation ancienne.
Ce n’est pas parce qu’on a autant de figures masculines qu’on va dire que les Nocs vivaient dans une société dominée par des hommes. Toutes les sculptures que vous verrez en bois, en bronze, en terre cuite, concernant la femme, représentent la fertilité et la fécondité. Tout simplement parce que c’est la femme qui donne la vie. Et donc, en Afrique noire également, le pouvoir revenait aux femmes. Tout le pouvoir revenait aux femmes. Tout simplement parce que nous étions d’un système matriarcal, matrilinéaire. Et donc, c’est tous ces traits qui suffisent à mettre la femme à ce niveau de reine ou de quelqu’un qui était vraiment assez respecté dans cette société noire.
ANDERSON GNIONSAHE, Médiateur culturel musée Nok – Côte d’Ivoire
Le nom de cette civilisation vient du village de Nok, où les premières découvertes majeures ont été réalisées dans les années 1940. Les sculptures mises au jour représentent principalement des figures humaines, mais aussi des animaux. Visages détaillés, yeux en amande, coiffures élaborées et ornements témoignent d’un savoir-faire particulièrement développé. Ces œuvres sont particulièrement importantes dans l’histoire de l’art africain. La fonction exacte de ces statues reste cependant incertaine. Certaines découvertes, notamment dans des contextes funéraires, laissent penser qu’elles pouvaient être liées à des pratiques rituelles ou aux croyances concernant les morts et les ancêtres.
Et donc, il y a autant de sages, autant de penseurs, autant de philosophes dans cette culture Noc. Tout simplement parce qu’avant, auprès des rois, auprès des chefs du village, il y avait toujours des personnes âgées, des personnes sages, qu’on consultait afin de savoir ce qu’ils pensaient sur certains sujets pour donner de bonnes solutions pour la bonne gouvernance. Et là, on peut voir, de droite à gauche, ces amulettes de protection qui se distinguent par des nombres pelles au cou. Vous voyez ? Par moments, les Nocs ont l’habitude de représenter la tête des penseurs là un peu plus grosse que le reste du corps, juste pour montrer le caractère d’intelligence, de sagesse, et aussi qu’ils représentent l’intelligence et l’esprit.
ANDERSON GNIONSAHE, Médiateur culturel musée Nok – Côte d’Ivoire
Malgré l’absence de sources écrites et le pillage de nombreuses pièces archéologiques, les recherches continuent de révéler les secrets de cette civilisation. À travers ses œuvres en terre cuite, la culture Nok rappelle surtout que l’histoire ancienne de l’Afrique est riche, complexe et profondément ancrée dans le temps.



