Au centre du Bénin, Abomey avance avec méthode. Ancienne capitale du Danxomè, la ville transforme son héritage en levier économique mesurable. Entre mémoire politique et stratégie territoriale, un repositionnement structuré est en cours. Objectif affiché : convertir l’histoire en valeur durable et quantifiable.
Avec plus de 92 266 habitants répartis sur 142 km², soit une densité maîtrisée de 650 habitants/km², Abomey s’appuie sur une organisation en 7 arrondissements et une position stratégique à 145 kilomètres de Cotonou. Une équation territoriale qui combine accessibilité et cohérence urbaine. Fondée au XVIIe siècle par Houégbadja, la ville a porté pendant près de 300 ans un État centralisé, jusqu’à la chute du roi Béhanzin en 1894. Un socle historique qui dépasse la mémoire pour structurer encore les logiques contemporaines. Aujourd’hui, ce patrimoine devient un actif économique à part entière. Les Palais royaux d’Abomey, classés par l’UNESCO depuis 1985, couvrent 47 hectares, regroupent 10 palais et plus de 1 050 objets conservés. Un volume patrimonial significatif, désormais intégré dans une logique de rendement culturel.
« Au niveau d’Abomey également, Nous avons eu les premiers et les premiers équipements qui sont livrés, notamment ce que nous appelons le café, le nouveau café, c’est à dire le conseil d’administration des familles royales, là où le roi siège en quelque sorte pour travailler au quotidien. Ça permet évidemment de pouvoir libérer le site pour que les travaux puissent démarrer. Là également, nous sommes à la phase de l’appel d’offres pour sélectionner les entreprises, pour que les travaux du musée démarre, ainsi que la réhabilitation de quatre anciens palais.»
JEAN-MICHEL ABIMBOLA, Ancien ministre de la culture – Bénin
Dans le cadre du Programme d’Action du Gouvernement 2021–2026, l’ambition se chiffre et se structure : un musée de référence internationale dédié aux Amazones et aux rois du Danhomè, des circuits touristiques intégrés, route des couvents vodun et route des tata , des sites aménagés et accessibles, ainsi qu’une arène culturelle dimensionnée pour accueillir des événements d’envergure.
« Le plus important pour nous et pour l’exercice 2026. C’est, comme je vous l’ai dit, l’achèvement des grands chantiers qui sont en cours. En ce qui concerne les musées, en ce qui concerne les sites touristiques, en ce qui concerne un certain nombre de réformes, puisque les différents projets les différencient, seront livrés et mises en exploitation à partir de 2026 2027 où on aura normalement mis tous les chantiers, peut être les derniers chantiers en 2028, mais tout sera à ce moment là en exploitation. »
JEAN-MICHEL ABIMBOLA, Ancien ministre de la culture – Bénin
En parallèle, des classes culturelles sont déployées pour former une nouvelle génération d’acteurs capables de produire et d’exporter du contenu. Depuis 2016, le changement d’échelle est net. Plus de 100 kilomètres de routes aménagés, plusieurs axes stratégiques désenclavés, un stade omnisports réhabilité : les infrastructures redéfinissent les flux et améliorent la compétitivité territoriale. À cela s’ajoute la restitution progressive d’œuvres historiques, qui renforce le stock culturel exploitable.



