Bénin : investissement stratégique de 24,6 milliards FCFA pour le secteur halieutique

Au Bénin, la pêche est un secteur clé, dominé par l’artisanale et insuffisant pour couvrir les besoins nationaux. En 2023, la production a atteint 89 000 tonnes, alors que le pays dépend encore fortement des importations. Face à ces défis, le gouvernement mise sur l’aquaculture pour renforcer l’offre locale et atteindre une souveraineté halieutique.

La pêche béninoise repose sur trois principaux segments : la pêche artisanale maritime, la pêche continentale (lacs et lagunes) et une pêche industrielle encore marginale. En 2023, la production totale a atteint environ 89 000 tonnes, dominée par la pêche artisanale, qui constitue l’essentiel des captures, tandis que la pêche industrielle reste très faible.

‘’  Cette filière est aujourd’hui composée principalement de beaucoup de petits et de moyens producteurs, c’est à dire la plupart des exploitations sont des exploitations familiales et cela pour le moment encore a besoin d’un appui conséquent en termes d’investissement pour véritablement répondre à la demande en fait de poissons au Bénin, cette demande qui reste encore très loin d’être satisfaite.‘’

Martial Kouderin, Président de l’Association nationale des Pisciculteurs du BéninBénin

Ce secteur constitue un pilier économique et social majeur. Entre 2024 et 2025, il a généré plus de 600 000 emplois, mobilise près de 15 % de la population active et contribue à environ 8 % du PIB agricole. Le poisson demeure une source essentielle de protéines pour les ménages béninois, avec une consommation annuelle estimée à plus de 200 000 tonnes. Cependant, la production nationale ne couvre qu’environ 40 % des besoins, entraînant une forte dépendance aux importations, évaluées à plus de 100 milliards de FCFA par an, ce qui pèse sur la balance commerciale du pays. À cela s’ajoutent des difficultés persistantes : surexploitation des ressources, équipements rudimentaires, faible industrialisation, insuffisance des infrastructures de conservation et de transformation, ainsi qu’un manque de professionnalisation des acteurs.

‘’  Donc aujourd’hui il y a un potentiel énorme en termes de ressources en eau, les acteurs sont motivés, engagés, il y a une volonté politique donc je pense que la pisciculture est quand même sur une bonne voie de la croissance et de l’émergence.  ‘’ 

Martial Kouderin, Président de l’Association nationale des Pisciculteurs du BéninBénin

Face à ces enjeux, le gouvernement mise sur l’aquaculture comme levier stratégique. En mai 2024, il a lancé le Projet de promotion de l’aquaculture durable et de la compétitivité des chaînes de valeur de la pêche, financé à hauteur de 24,6 milliards FCFA avec l’appui de la BAD. Ce programme quinquennal vise à moderniser les fermes piscicoles, les centres d’alevinage et les fabriques d’aliments, tout en renforçant les chaînes de valeur du poisson. Il prévoit la production annuelle de 65 millions d’alevins, l’installation de cages flottantes et de villages aquacoles, et l’amélioration de la gouvernance des pêcheries. L’objectif est de renforcer l’offre locale, réduire les importations et atteindre une souveraineté halieutique durable.

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