Entre Cotonou et Ouidah, la Route des Pêches longe près de 40 kilomètres de littoral atlantique marqué par l’histoire de la traite négrière et par une forte richesse culturelle. Des sites emblématiques comme la Porte du Non-Retour rappellent ce passé, tandis que plusieurs initiatives culturelles participent aujourd’hui à la valorisation de cette mémoire.
Entre Cotonou et Ouidah, la Route des Pêches déroule près de 40 kilomètres de côte atlantique. Bordée de plages, de cocotiers et de villages de pêcheurs, cette voie longe aussi l’un des territoires les plus chargés d’histoire du Bénin. Ouidah fut entre le 17ème et le 19ème siècle l’un des principaux ports de la traite négrière en Afrique de l’Ouest, par où plus d’un million de captifs auraient été déportés vers les Amériques.
‘’ La route de l’esclave, aujourd’hui appelée route des personnes mises en esclavage, est un circuit important dans la touristification de la ville de Ouidah. C’est un circuit mémoriel qui rappelle le passé triste, honteux de l’humanité lié à la traite transatlantique. Il est important aujourd’hui pour tout Africain de faire ce circuit pour se remémorer et aussi se souvenir de ce passé triste.‘’
Wilfrid HOUNDJE, Promoteur Culturel – Bénin
Au terme de la Route de l’Esclave, longue d’environ 4 kilomètres, se dresse la symbolique Porte du Non-Retour. Inauguré en 1995, ce monument tourné vers l’Atlantique marque l’ultime étape du parcours imposé aux captifs avant l’embarquement. Aujourd’hui, ce lieu est devenu un puissant symbole de mémoire, fréquenté par des milliers de visiteurs, chercheurs et membres de la diaspora afro-descendante lors d’événements commémoratifs comme le festival Ouidah 92 consacré aux cultures vodun. Il sert également de cadre à plusieurs initiatives culturelles et patrimoniales, parmi lesquelles le carnaval international de Ouidah, qui contribue à renforcer les liens entre les Afro-descendants et les communautés africaines, notamment béninoises.
‘’ Travailler et veiller à ce que plus jamais, à aucun endroit de la terre, de pareille barbarie ne se reproduise. Aujourd’hui, dans toute la ville, comme sur la route des pêches, il y a de grands complexes hôteliers qui se réalisent avec des événements à la clé, tels que le Vodun Days, qui s’organise chaque année désormais, en janvier à Ouidah.Mais il y a aussi la caravane internationale de Ouidah, qui est un pont entre l’Afrique et les Antilles. ‘’
Wilfrid HOUNDJE, Promoteur Culturel – Bénin
À quelques kilomètres de Ouidah, la station balnéaire d’Avlékété illustre la nouvelle dynamique touristique du littoral. Intégré au programme d’aménagement de la Route des Pêches, estimé à plus de 130 milliards de FCFA, le projet prévoit la construction d’infrastructures touristiques et d’un complexe hôtelier haut de gamme. L’ambition est de valoriser le patrimoine historique et culturel de la région. La Route des Pêches se dessine ainsi comme un lien entre mémoire de la traite négrière et développement d’un tourisme culturel, mémoriel et balnéaire en plein essor.



