Burkina Faso : 8 nouvelles variétés de riz homologuées

Produire plus, plus vite et avec moins d’eau : c’est le défi relevé par la recherche agricole au Burkina Faso. Pour nourrir une population grandissante, le pays mise désormais sur la technologie atomique, en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Des chercheurs locaux ont développé et inscrit au catalogue national huit variétés de riz ultra-performantes, capables de produire jusqu’à 11 tonnes à l’hectare. Comment la science de pointe s’invite-t-elle dans les assiettes des Burkinabè ? reportage de notre correspondant à Ouagadougou.

Le riz s’est imposé comme une céréale incontournable au Burkina Faso, enregistrant un doublement de sa consommation en une décennie. En dépit de cette dynamique, le pays dépend toujours des importations pour couvrir 50% de sa demande. Afin de résorber cette vulnérabilité économique, des chercheurs locaux misent sur la technologie nucléaire. Grâce au procédé de sélection par mutation, une méthode fiable encouragée par la FAO et l’Agence internationale de l’énergie atomique pour stimuler l’évolution génétique sans créer de radioactivité. Huit variétés innovantes de riz ont été officiellement homologuées et ajoutées au répertoire national.

Nos variétés, la durée maximum du cycle est de 106 jours.  Et nous avons deux variétés qui ont moins de 100 jours. Alors que les variétés que les gens utilisent présentement sont des variétés qui vont au minimum à 114 jours. Et quand j’ai dit que c’était une particularité, avec les deux variétés qui ont moins de 100 jours,  nous avons pu faire trois productions dans l’année sur la plaine de Bama. C’est la deuxième particularité. Troisième particularité, nos variétés s’adaptent à différents régimes alimentaires. Si bien que nous avons des riz adaptés pour les personnes qui ont le diabète de type 2, des riz adaptés pour ceux qui fournissent beaucoup d’énergie, beaucoup d’effort, que nous avons appelé des riz pour sportifs, et nous avons des riz pour le commun des mortels 

Ismaël BASSOLÉ, Enseignant Chercheur à l’Université de Ouagadougou – Burkina Faso 

Sur le terrain, les performances s’avèrent particulièrement remarquables. Dans la plaine rizicole de Banzon, ces nouvelles semences affichent une productivité exceptionnelle comprise entre 9 et 11 tonnes par hectare, surpassant largement les 4 à 6 tonnes obtenues habituellement. De surcroît, le cycle de culture très court, inférieur à cent jours, autorise une multiplication des récoltes annuelles.

Mon tout premier stage, j’ai travaillé sur la TS2. Et avec ça, généralement c’est 5 tonnes à l’hectare, 6 tonnes à l’hectare.Si on a trop de riz, c’est 6 tonnes à l’hectare. Mais avec cette variété, j’ai vu de mes propres yeux qu’on peut atteindre 1176 tonnes à l’hectare. Donc si le gouvernement nous permet de vulgariser cette variété, et qu’on a au minimum 10 tonnes à l’hectare chaque année, ça peut nous permettre quand même de réduire nos importations,  et pourquoi pas d’exporter du riz mais d’une végétation.

Gloria KABRE, Ingénieure Agronome – Burkina Faso

Outre les gains de rendement, les scientifiques de l’Université Joseph Ki-Zerbo ont intégré les attentes des ménages : calibre supérieur des grains, teneurs ciblées en amidon résistant ou encore spécificités visqueuses adaptées aux usages gastronomiques de la région. L’enjeu majeur réside désormais dans la production massive et la diffusion nationale de ces semences de qualité, amorçant ainsi une réelle mutation agronomique destinée à garantir l’autosuffisance rizicole du territoire national.

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