C’est le paradoxe de nombreux artistes de talent au Burkina Faso. être acclamé sur scène, mais rester sans soutien en studio. Balaré, figure emblématique de la scène jazz-blues bobolaise, en est l’exemple frappant. Malgré un répertoire riche et une identité sonore unique, Balaré reste en quête de partenaires pour produire son prochain album.
C’est un cri qui vient du cœur, une plainte qui résonne dans le calme de Bobo-Dioulasso. Ici, l’artiste Balaré sculpte des notes de jazz et de blues en langue nationale Dioula et Bissa. Des sonorités rares sous nos latitudes. Virtuose de la guitare, voix de velours, l’artiste possède le talent des plus grands. Pourtant, malgré des années de scène, son génie reste confiné dans l’ombre des studios de fortune. Balaré est un artiste accompli, mais un artiste seul.
“j’ai ciré des chaussures pour payer ma première guitare. Mon premier morceau aussi, j’ai ciré des chaussures pour pouvoir enregistrer ça. C’est l’économie. Moi j’avais une boîte qui me servait de coffre-fort à l’époque pour pouvoir économiser, parce que j’aime la musique, j’aime beaucoup.”
Balare , Artiste musicien – Burkina Faso
Dans une industrie dominée par les rythmes urbains et le coupé-décalé, le style hybride de Balaré peine à trouver des investisseurs. Il ne demande pas la charité, il cherche une collaboration. Un producteur capable de transformer ses maquettes en un album de classe internationale, capable d’exporter le Blues de Sya vers les festivals de Montreux ou de La Nouvelle-Orléans. Car le talent est là, brut, n’attendant qu’un écrin pour briller.
“Moi j’ai aimé le Goni, j’ai aimé aussi la guitare. C’est ce que j’ai appris quand je suis arrivé ici, mais ce n’est pas facile du tout. C’est pourquoi j’ai chanté Sirakadian, qui veut dire la route est longue. Mais quand tu aimes quelque chose, il faut apprendre, ça va aller, un jour ça ira. Si je gagne un contrat, ou un bon festival, ça va me faire plaisir, parce qu’ un artiste doit tourner, faire des rencontres, c’est ça aussi.”
Balare , Artiste musicien – Burkina Faso
En attendant que les projecteurs se tournent enfin vers lui, Balaré continue de jouer. Pour l’amour de l’art, pour l’honneur de Bobo-Dioulasso.



