Au Burkina Faso, le gouvernement à franchi une étape clé en adoptant, en Conseil des ministres, son projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Un budget colossal, chiffré à 4 800 milliards de francs CFA de dépenses, avec un mot d’ordre clair : financer le développement et la sécurité du pays grâce à la mobilisation des ressources propres de l’État. Quels sont les secteurs prioritaires ? Comment Ouagadougou compte-t-il relever le défi de l’indépendance financière dans un contexte de crise ? reportage de notre correspondant à ouagadougou
Le budget du Burkina Faso pour l’exercice 2027 placé sous le signe de la résilience et du souverainisme économique, alors que le pays continue de faire face à un contexte géopolitique et sécuritaire complexe, affiche des ambitions claires. Le projet de budget table sur 4 200 milliards de francs CFA de recettes. Face à cela, l’État prévoit 4 800 milliards de dépenses. Le déficit de 600 milliards reste contenu, dans la continuité des réformes d’assainissement qui ont permis de redresser la trajectoire budgétaire ces 3 dernières années. L’élément central de cette stratégie repose sur la mobilisation accrue des ressources propres de l’État pour garantir une indépendance économique.
Pour cette loi de finances 2027, nous prévoyons des recettes de 4 200 milliards et des dépenses d’un peu plus de 4 800 milliards, ce qui nous amène à dégager un déficit budgétaire de 619 milliards, correspondant à 2,9% des produits intérieurs bruts, inférieur au seuil communautaire qui est de 3%. Mais il faut dire que nous avons constaté une amélioration de l’épargne budgétaire.
Aboubacar NAKANABO, Ministre de l’Économie et des Finances – Burkina Faso
Concrètement, ce budget s’articule autour du plan de relance gouvernemental. La priorité absolue reste l’équipement et le déploiement des Forces de défense et de sécurité pour la reconquête du territoire. Le conseil a également validé la construction de 20 centres médicaux communaux et 20 maternités modernes. Côté fiscalité, pour stimuler le marché local, des allègements d’impôts ont été annoncés, notamment pour la filière avicole et les agences de voyages.
Depuis un certain temps, nous avons des plaintes, des plaintes venant des agents de voyage par rapport au traitement, surtout sur le plan fiscal. Nous avions déjà la retenue de 5% qui s’opérait avant sur le montant du marché. Il se trouve que sur le montant du marché, il y a une partie du montant qui n’appartient pas aux agents de voyage, à savoir le montant des billets d’avion qui sont reversés directement aux compagnies aériennes. *
Isaac ZANGO, Secrétaire général, Association des agences de voyage du Burkina – Burkina Faso
Cet avant-projet de loi de finances sera transmis à l’Assemblée législative pour examen et adoption définitive avant la fin de l’année 2026. Pour les autorités, le défi sera de concrétiser ces investissements d’envergure tout en maintenant une croissance robuste, projetée à plus de 5 %, afin que l’impact de ces mesures se fasse directement ressentir dans le quotidien des populations burkinabè.



