Cameroun : 20 000 véhicules identifiés par QR code sur 30000

À Yaoundé au Cameroun, se déplacer en taxi est devenu un véritable casse-tête quotidien. La raréfaction des voitures jaunes sur la chaussée, accentuée par les contrôles du QR code, pèse lourdement sur le quotidien des habitants. Entre heures d’attente interminables aux carrefours, retards répétés au travail comme à l’école et surcoûts financiers imposés aux ménages, la population subit de plein fouet les conséquences de cette pénurie. Face au mécontentement, la municipalité rappelle de son côté les délais de grâce accordés aux transporteurs avant le déclenchement de la répression.

Attendre des heures sur le trottoir ou dépenser deux fois plus cher pour un trajet, le quotidien des Yaoundéens vire à la paralysie en raison d’une rareté sans précédent des taxis urbains. Aux carrefours stratégiques de la capitale, les temps d’attente dépassent régulièrement 1 heure aux heures de pointe. Pour espérer monter à bord, les usagers sont contraints de surenchérir en ajoutant systématiquement 100 FCFA ou plus à la mise habituelle, ou emprunter des mototaxis. 

 “Les élèves ne partent plus à l’école à l’heure. Nous les parents, on a des difficultés. Nous qui n’aimons pas emprunter les motos, nous sommes obligés de marcher à pied” 

Catherine Nkot, Commerçante – Cameroun

“ Ça me met souvent en retard parce que j’ai souvent l’habitude de partir à l’école. Et aussi les prix. Quand je n’arrive pas à trouver un taxi normal, je peux prendre même un Yango et les prix augmentent souvent. Et ça devient vraiment pénible et difficile pour moi. »

Istrane Oyono, Etudiante – Cameroun

À l’origine de cette pénurie, l’application stricte par la Communauté urbaine de Yaoundé de l’identification obligatoire par QR code. Désormais, tout véhicule jaune dépourvu de cet autocollant d’immatriculation officiel est interdit de circulation et immédiatement envoyé en fourrière. Faute de papiers administratifs et fiscaux à jour, des milliers de chauffeurs se retrouvent immobilisés, réduisant drastiquement le nombre de taxis disponibles sur la chaussée 

 “Il faut attendre des heures. Et souvent, on rate des rendez-vous. Il faut se rattraper une moto qui nous taxe le prix. C’est pas aisé du tout. ”

Thierry Bekono, Fonctionnaire – Cameroun

“On n’arrive pas à trouver les taxis à la bonne heure. On peut rester sur la route pendant 31 heures et on n’a pas le taxi pour aller où on veut aller. Donc c’est vraiment perturbant. Et on peut arriver à la maison très tard.”

Gwendolyn Mburli, Fonctionnaire – Cameroun

Face aux griefs des usagers, la municipalité renvoie la responsabilité du blocage aux transporteurs. La Communauté urbaine rappelle qu’un moratoire de trois mois avait été accordé pour immatriculer les taxis. Une période de grâce boudée par les professionnels jusqu’au lancement des opérations de répression.

“Le maire a pris le soin d’affecter les agents à chaque commune d’arrondissement. Je peux vous rassurer que nos agents arrivaient dans les communes d’arrondissement. Ils dormaient parce que les taxis ne venaient pas. Ils ont attendu le dernier moment pour venir s’enregistrer. Et c’est pourquoi vous voyez cet attroupement. Maintenant, pour ceux qui ne sont pas alignés aux règles, c’est force à la loi.”

Stanley Mungwe, Chef technique du projet d’enregistrement des taxis à Yaoundé – Cameroun

Pris entre la fermeté municipale pour la sécurité routière et la détresse quotidienne des citadins, Yaoundé cherche son second souffle. Alors que les demandes de régularisation affluent tardivement, l’accélération des remises en circulation demeure la seule clé pour désengorger les arrêts et stabiliser le transport urbain.

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