Au Cameroun, le secteur privé attend des réformes concrètes pour améliorer le climat des affaires et renforcer la compétitivité des entreprises. Réunis à Douala, les participants à la douzième session du Cameroon Business Forum ont formulé plusieurs recommandations, notamment sur le financement, les infrastructures et la facilitation des échanges commerciaux. Désormais, l’enjeu est de passer des engagements à leur mise en œuvre.
Au Cameroun, l’amélioration du climat des affaires apparaît comme un levier essentiel pour stimuler l’investissement et soutenir la croissance. Réunis à Douala lors de la douzième session du Cameroon Business Forum, les acteurs publics et privés ont plaidé pour la simplification des procédures administratives, un meilleur accès au financement et la réduction des barrières commerciales. Un enjeu majeur, alors que le secteur privé mobilise 5 110,6 milliards de FCFA et représente près de 80 % de la formation brute de capital. Pourtant, le crédit du secteur privé ne représentait que 16,6 % du PIB en 2025, soulignant les défis persistants du financement de l’économie.
« Au terme des travaux, plusieurs recommandations ont été adoptées. Elles visent notamment à fluidifier les procédures administratives, à accélérer la mise en œuvre des projets d’infrastructures énergétiques et routières, à faciliter l’accès des PME au financement et à renforcer la compétitivité des entreprises camerounaises. »
MAGLOIRE SCHOUAME, Responsable de la présentation des recommandations – Cameroun
La compétitivité des entreprises camerounaises, notamment des PME, reste cependant confrontée à des obstacles structurels. Les coupures d’électricité pèseraient chaque année sur la croissance nationale, avec un manque à gagner estimé entre 2 et 4 % du PIB. À cela s’ajoute la hausse des coûts de transport, passés de 11,5 % en 2023 à 15 % en 2025, selon les chiffres évoqués par le Gecam. Face à ces contraintes, l’accès à l’énergie, le financement et la modernisation des infrastructures apparaissent comme des priorités pour dynamiser la production locale et permettre aux entreprises camerounaises de tirer pleinement parti des opportunités offertes par la ZLECAf.
« En tant que Premier ministre, chef du gouvernement, je m’engage à veiller à la mise en œuvre des recommandations adoptées d’un commun accord. Nous allons élaborer une matrice de suivi permettant de suivre, dans chaque ministère, les engagements pris par les parties publiques et privées. »
JOSEPH DION NGUTE, Premier ministre – Cameroun
Après six années d’interruption, le Cameroon Business Forum entend ainsi relancer le dialogue entre pouvoirs publics et secteur privé. Un enjeu crucial pour le Cameroun, où les micro, petites et moyennes entreprises représentaient près de 99,8 % des 444 302 entreprises recensées en 2024. Pour ces acteurs essentiels de l’économie, l’attente est désormais celle de réformes concrètes, capables de stimuler l’investissement, l’industrialisation et la croissance.



