Cameroun : la croissance économique attendue à 4,1 % en 2027


Mobiliser davantage de ressources pour accélérer la transformation économique du Cameroun. C’est l’enjeu au cœur de la cérémonie de lancement, le 22 septembre 2026, des rapports sur les Perspectives économiques régionales et les Perspectives économiques du Cameroun par la BAD. Dans un contexte mondial fragmenté, le diagnostic met en évidence un écart important entre les besoins de financement et les ressources disponibles.

Au Cameroun, la croissance économique affiche une résilience certaine, avec 3,7 % en 2025, 4,0 % en 2026 et une projection de 4,1 % en 2027, selon le rapport pays 2026  de la  Banque africaine de développement (BAD). Le PIB réel par habitant progresse également, de 1,1 % en 2025 à 1,5 % en 2026. Mais derrière ces indicateurs encourageants persiste un défi majeur : un déficit de financement estimé à 9,2 milliards de dollars, soit 16,4 % du PIB. Une situation qui interroge la capacité de l’économie camerounaise à transformer la croissance en bénéfices partagés par la population.

“Nous avons une croissance qui tourne aux alentours de 3,6% en 2025 et 3,8% pour 2026 et potentiellement 4,1% pour 2027. Mais en même temps, nous avons un produit par tête qui tournerait uniquement aux alentours de 0,9%, donc une progression très faible. Et ceci témoigne certes de la résilience, mais il y a un problème de partage de cette croissance au niveau de la population.”

Léandre Bassolé, Directeur général du Bureau régional pour l’Afrique centrale de la BAD

Pour les autorités camerounaises, le défi est désormais de réduire cet écart tout en consolidant les capacités nationales de financement. En vingt-cinq ans, les recettes fiscales sont passées de 690,99 milliards de FCFA en 2000 à 3 915,79 milliards en 2025. Mais, selon la BAD, cette progression ne s’est pas encore traduite par une amélioration suffisante de l’effort fiscal. En 2024, les flux financiers entrants restent limités, à seulement 0,9 milliard de dollars.

“Il est important de s’inscrire dans une dynamique de mobilisation plus importante des ressources intérieures. Donc la fiscalité intérieure doit s’inscrire dans une dynamique d’amélioration, mais pas vraiment d’augmentation de taux, mais de la base taxable. Ça c’est la première mesure. La deuxième mesure, en fait, c’est qu’il faut s’inscrire dans une dynamique d’efficacité dans la mise en œuvre, dans la préparation et dans la mise en œuvre des projets de développement.”

Léandre Bassolé, Directeur général du Bureau régional pour l’Afrique centrale de la BAD – Burkina Faso

Face à ces défis, la BAD préconise plusieurs leviers pour renforcer le financement du développement au Cameroun : élargir la base fiscale, améliorer l’efficacité des projets et diversifier les sources de financement. Les transferts de la diaspora illustrent ce potentiel, atteignant 650 milliards de FCFA en 2025, contre 477,1 milliards en 2023. À ces ressources s’ajoutent les partenariats public-privé, le financement mixte, les investisseurs institutionnels et une mobilisation accrue du capital naturel.

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