En République centrafricaine, la libération de trois personnes enlevées à Bambouti en décembre 2025 met fin à près de dix mois de captivité. Parmi elles, la sous-préfète de la localité et deux agents de l’Autorité nationale des élections. Obtenu après plusieurs mois de médiation, ce dénouement soulage les familles et relance la question de la sécurité des représentants de l’État dans le Haut-Mbomou
Le 28 décembre 2025, lors des élections groupées en Centrafrique, quatre personnes sont enlevées à Bambouti par des éléments du groupe armé Azandé Ani Kpi Gbé. Trois d’entre elles, dont la sous-préfète et deux agents électoraux, ont retrouvé la liberté le 19 octobre 2026. Un dénouement rendu possible après plusieurs mois de médiation menée par des acteurs locaux avec l’appui de la MINUSCA, qui a sécurisé la zone de libération.
“ Cette période a été particulièrement difficile pour la famille. Nous rendons grâce à Dieu de la savoir désormais parmi nous. Après les formalités nécessaires, son retour à la maison permettra à chacun de retrouver un peu de sérénité. Après de longs mois loin des siens, la chaleur familiale sera importante pour l’aider à se rétablir. ”
ROGER MBAGA, Membre de la famille d’une des anciennes captives – Centrafrique
Au-delà du soulagement familial, cette affaire révèle les difficultés de protection des représentants de l’administration et des agents électoraux dans certaines zones du pays. Dans son rapport présenté au Conseil de sécurité le 20 octobre, la cheffe de la MINUSCA a notamment souligné la persistance de préoccupations sécuritaires dans le nord-est et le sud-est, particulièrement dans les zones frontalières, autour des sites miniers et sur les couloirs de transhumance.
“ Dans toutes nos démarches, nous devons avant tout penser aux souffrances des populations. Aujourd’hui, nous sommes heureux de cette libération et espérons qu’elle ouvrira une nouvelle perspective de paix dans le Haut-Mbomou, afin que les habitants puissent reprendre normalement leurs activités. Nous nous réjouissons de voir nos compatriotes retrouver leurs familles.”
AIMÉ-SERGE BENGBA, Député de Bangassou et membre du collectif de médiation – Centrafrique
Cette libération d’otages montre l’importance du dialogue local et du renforcement de la coopération dans la résolution de certaines crises. Mais la libération des otages ne suffit pas, à elle seule, à garantir une stabilisation durable. La protection des populations, la présence effective des services publics et la prévention de nouveaux enlèvements restent des enjeux déterminants pour le Haut-Mbomou



