En République centrafricaine, l’éboulement d’un site aurifère à Zamboye aurait fait 107 victimes et de nombreux disparus. Dans la région d’Abba, préfecture de la Nana-Mambéré, près de la frontière camerounaise, au moins 30 corps ont été retrouvés selon des informations centrafricaines. Côté camerounais, le maire de Garoua-Boulaï annonce 107 morts. Les recherches se poursuivent et les bilans restent à consolider.
Mardi 18 août 2026, dans l’après-midi, de fortes pluies s’abattent sur la région. À Zamboye, une partie du site d’exploitation aurifère, situé près de Garoua-Boulaï à la frontière entre le Cameroun et la République Centrafricaine s’effondre brutalement. Des dizaines de travailleurs sont ensevelis sous la terre et la boue. Très fréquenté par des orpailleurs venus notamment de Centrafrique, du Cameroun et du Tchad, le site s’étend de part et d’autre de la rivière Kadé. Les secours s’organisent, alors que les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuels survivants.
“ Ce qui s’est passé est un drame, une catastrophe humanitaire. Ce n’est pas la première fois qu’on assiste à des éboulements sur les sites miniers. La question qu’on se pose, c’est : qu’est-ce que nous avons fait pour que cela ne puisse pas se reproduire ? La réponse, c’est que rien n’a été fait. En saison des pluies, au regard de la qualité du sol et de la manière dont les fouilles sont effectuées, il faut interdire l’accès à ces sites. ”
PAUL CRESCENT BENINGA, Secrétaire général du GTSC (Groupe de Travail de la Société Civile) – Centrafrique
Le drame vient rappeler la dangerosité des exploitations minières artisanales dans cette région. Dans la même préfecture, au moins 23 personnes avaient déjà péri dans un éboulement à Bé-Mbari, en mai. Un mois plus tard, huit autres mineurs sont morts à Kinyémé, tandis que plusieurs personnes étaient portées disparues. Une succession d’accidents qui relance les inquiétudes sur les conditions de sécurité sur ces sites.
“Je présente mes condoléances aux familles des victimes décédées et disparues. Je voudrais interpeller une fois de plus les élites politiques dirigeantes, notamment nos institutions, sur la nécessité de ne pas lésiner sur les moyens de régulation. Le “plus jamais ça” ne doit pas être un slogan : il doit être effectif et opérationnel dans tous les secteurs de la vie en République centrafricaine. ”
PAUL CRESCENT BENINGA, Secrétaire général du GTSC (Groupe de Travail de la Société Civile) – Centrafrique
Au Cameroun voisin, le maire de Garoua-Boulaï, Amadou Abdon, a avancé un bilan de 107 morts, alors que les opérations d’extraction étaient toujours en cours. En Centrafrique, le parquet de Baboua a annoncé l’ouverture d’une enquête. À ce stade, les circonstances précises de l’effondrement restent à déterminer et le bilan définitif pourrait encore évoluer.



