En République du Congo, trouver un emploi reste difficile pour de nombreux citoyens, en particulier les jeunes. Malgré ses importantes ressources naturelles, les opportunités professionnelles demeurent limitées. Entre chômage élevé, poids du secteur informel et faible diversification économique, le marché du travail congolais fait face à de nombreux défis.
L’emploi reste une préoccupation majeure pour la population en République du Congo. Selon une enquête menée par Afrobarometer, le chômage est considéré comme le problème le plus important que le gouvernement devrait résoudre. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 31 % des Congolais se déclarent sans emploi et activement à la recherche de travail.
La situation est encore plus préoccupante chez les jeunes. Pour les 18-35 ans, le taux de chômage atteint environ 41 %. Dans la capitale, Brazzaville, comme dans d’autres grandes villes du pays, de nombreux jeunes diplômés peinent à trouver un emploi. Beaucoup se tournent alors vers le secteur informel, qui représente une part importante de l’activité économique.
« Lorsque j’ai lu la loi de finances de 2019, nous comptions environ 62 000 fonctionnaires. Je pense qu’entre 2019 et 2024, nous sommes passés d’environ 75 000 à 80 000 fonctionnaires. Nous n’avons même pas encore atteint 100 000. »
Dikas Aldin, jeune activiste congolais :
Pourtant, l’économie congolaise dépend fortement du pétrole, un secteur qui génère des revenus importants mais très peu d’emplois directs. Selon une étude de la African Development Bank, la croissance économique du pays ne s’est pas accompagnée d’une création d’emplois suffisante.
Autre défi : l’urbanisation rapide. Chaque année, de nombreux habitants quittent les zones rurales pour chercher du travail en ville. Cette migration accentue la pression sur un marché du travail déjà saturé.
Face à cette situation, la majorité des Congolais se montre critique.
« Quand on considère le ratio de 6 millions d’habitants pour 80 000 fonctionnaires, la situation sur le terrain nous montre chaque jour que, si nous n’y prenons pas garde, un feu couve lentement. »
Dikas Aldin, jeune activiste congolais :
Selon Afrobarometer, près de 95 % des citoyens jugent négativement les efforts du gouvernement en matière de création d’emplois. Les experts proposent plusieurs pistes : diversifier l’économie, renforcer la formation professionnelle et encourager l’entrepreneuriat chez les jeunes.



