Le Bassin du Congo, vaste forêt tropicale qui s’étend sur six pays d’Afrique centrale, est au cœur d’un débat mondial sur la préservation des forêts et le développement durable. Avec près de 300 millions d’hectares, il constitue le deuxième plus grand massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie, et abrite une biodiversité exceptionnelle ainsi que des services écologiques vitaux pour l’humanité. Les forêts du Bassin du Congo jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial. Elles absorbent d’énormes quantités de CO₂, influencent les cycles de pluie en Afrique et fournissent de l’eau, de la nourriture et des moyens de subsistance à des dizaines de millions de personnes.
“ Aujourd’hui, le bassin du Congo est ce poumon de régulation mondiale. Le monde respire aujourd’hui à travers les poumons du bassin du Congo que nous sommes. nous apportons simplement la vie sur cette planète Terre, au reste du monde. ”
Arlette Soudan-Nonault , Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et du Bassin du Congo – Congo
Selon une récente estimation de la Banque mondiale, les services rendus par ces écosystèmes ont une valeur économique annuelle d’environ 1 150 milliards de dollars, soit presque deux fois plus qu’il y a vingt ans. Pourtant, les pays de la région n’ont capté qu’une fraction de ces bénéfices, environ 8 milliards de dollars en 2020, principalement via le bois, la viande de brousse et l’écotourisme. Malgré cette richesse naturelle, les défis restent immenses. La perte de forêt se poursuit chaque année ; en 2024, près de 780 000 hectares de forêts primaires ont été détruits, l’équivalent de quatre fois la superficie de Douala.
“ Nous revoyons notre contribution déterminée au niveau national tous les cinq ans, en conformité avec l’accord de Paris. Elle est révisée, on revoit nos ambitions à la hausse, mais pourtant nous ne sommes pas des émetteurs. Mais aujourd’hui, nous sommes assez structurés et nous avons un fonds judiciaire, le fonds bleu, pour le bassin du Congo. ”
Arlette Soudan-Nonault , Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et du Bassin du Congo – Congo
Une coalition de pays européens a annoncé un plan de 2,5 milliards de dollars pour aider à financer des projets de gestion durable et lutter contre la déforestation. Plus récemment, les six pays du Bassin ont adopté des feuilles de route stratégiques pour accéder aux marchés du carbone, visant à transformer leurs forêts en moteurs de croissance verte, d’emploi et de résilience contre le changement climatique. Pour les experts, la préservation du Bassin du Congo n’est pas une simple priorité environnementale : c’est un impératif économique, climatique et social. Elle requiert des investissements durables, des politiques fortes et un soutien continu de la communauté internationale si l’on veut protéger l’un des derniers poumons verts de la planète.

