À l’approche des prochaines échéances électorales, la réforme de la gouvernance électorale s’invite au cœur du débat public en Côte d’Ivoire. Un collectif de 1 780 organisations de la société civile propose un Livre blanc pour contribuer à la mise en place d’un système électoral plus transparent, inclusif et crédible. Les détails dans ce reportage.
La réforme de la gouvernance électorale revient au cœur des débats publics en Côte d’Ivoire. Deux mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), créée en 2001, le pays réfléchit à une nouvelle architecture chargée d’organiser les scrutins. Une réforme présentée par le gouvernement comme un moyen de renforcer la confiance des citoyens et de garantir des élections plus crédibles et apaisées.
Un point de notre livret blanc qui est important, c’est vraiment l’inclusion au niveau de la mise en place de l’organe de gestion des élections. nous pensons qu’aujourd’hui, le fait que la CEI soit dissoute, on ne va pas le voir comme une sanction vis-à-vis de la CEI, mais comme une opportunité de s’asseoir à nouveau pour mieux faire les choses sur la base d’un constat qu’on aura fait de ce qui s’est passé avec les différentes échéances électorales.
Anne-Nadège ASSAHON, Porte-parole des organisations de la société civile
Dans ce contexte, un collectif de 1 780 organisations de la société civile apporte sa contribution au débat. Réuni à Abidjan, il a dévoilé un Livre blanc pour une réforme inclusive de la gouvernance électorale, fruit d’une réflexion menée après l’observation des élections de 2025. Le document défend une gouvernance fondée sur quatre principes : indépendance, compétence, transparence et inclusivité.
Il faut dire que le Livret Blanc comporte des recommandations. En plus des recommandations, nous avons fait une proposition d’architecture électorale qui suit la base de nos observations des élections précédentes. Tout à l’heure, j’ai parlé du défi en lien avec l’éducation civique. Et pour répondre à ce défi-là, dans notre architecture, nous proposons un département qui soit en charge exclusivement d’organiser des sessions de formation, du renforcement de capacité sur tout ce qui est en lien avec l’éducation civique et l’éducation électorale également.
Anne-Nadège ASSAHON, Porte-parole des organisations de la société civile
Lors de la présidentielle de 2025, plus de 8,5 millions d’électeurs étaient inscrits sur la liste électorale. Quelque 4,29 millions ont pris part au scrutin, soit une participation de 50,10 %. Pour la société civile, ces chiffres rappellent l’importance d’un système électoral capable de renforcer la participation, la confiance des citoyens et la transparence du processus. Le collectif propose notamment un organe de gestion électorale indépendant, une révision régulière du fichier électoral et un système d’enregistrement permanent. Il recommande aussi la numérisation sécurisée des procès-verbaux et la publication des résultats détaillés par bureau de vote.
Il y a énormément d’ivoiriens qui n’étaient pas en accord avec la société telle qu’elle fonctionnait à l’époque. Et cela a donné lieu, comme nous avons pu le constater en Côte d’Ivoire, au fait qu’il y ait des appels au boycott. Donc, clairement, s’il y a des partis politiques aussi grands qu’on le connaît qui appellent au boycott, c’est clair que cela a pu avoir un impact sur la participation. Et nous avons pu constater que la participation n’a pas été comme on l’aurait souhaitée. Donc, il y a ces différents défis-là que nous avons pu observer sur le terrain.
Anne-Nadège ASSAHON, Porte-parole des organisations de la société civile
Parmi les principales recommandations figurent la création d’un Organe de gestion électorale indépendant, ainsi qu’un renforcement de l’éducation civique, de la lutte contre la désinformation et de la participation des femmes, des jeunes et des personnes en situation de handicap. Pour les auteurs du Livre blanc, ces propositions visent à nourrir les concertations en cours afin de doter la Côte d’Ivoire d’un système électoral plus transparent, plus inclusif et davantage consensuel.