En Afrique de l’Ouest, les femmes n’occupent encore qu’un peu plus d’un siège parlementaire sur cinq. Pour réduire cet écart, la CEDEAO veut accélérer les réformes et atteindre 50 % de représentation féminine dans les fonctions électives d’ici 2035. À Abuja, les États membres ont adopté un Agenda régional d’action pour lever les obstacles qui freinent encore l’accès des femmes au pouvoir politique.
En Afrique de l’Ouest, les femmes restent encore largement sous-représentées dans les institutions politiques, avec 20,2 % des sièges parlementaires occupés par des femmes en août 2026, selon l’Union interparlementaire. Face à cet écart, la CEDEAO entend accélérer les réformes en faveur du leadership politique féminin. Les États membres se sont engagés à progresser vers la parité dans les fonctions électives. L’objectif fixé est d’atteindre 50 % de représentation féminine dans les fonctions électives. Une ambition que la CEDEAO entend concrétiser d’ici 2035.
Lorsque la CEDEAO célèbre 50 ans de l’intégration régionale, nous devons aussi confronter une réalité dure. Même si les femmes constituent plus de 50% de la population africaine, la représentation dans la décision politique reste disproportionnée, avec la moyenne régionale des femmes au Parlement national toujours en dessous de 20%.
Imaan Sulaiman-Ibrahim, Ministre des Affaires féminines et du Développement social – Nigeria
L’ambition a franchi une nouvelle étape en juillet 2026. Après l’adoption d’une déclaration sur la parité politique par les chefs d’État, le Forum ouest-africain sur le leadership politique des femmes, réuni à Abuja les 30 et 31 juillet, a adopté un Agenda régional d’action. Le document prévoit notamment des réformes des lois électorales et des partis politiques, avec des objectifs mesurables.
Lors de l’adoption de la Déclaration, nos dirigeants ont affirmé une vérité importante, que la force de nos démocraties, la qualité de notre gouvernance et le futur de notre développement dépendent de l’habileté de tous les citoyens, des femmes et des hommes, à participer à la création du destin de notre région.
Damtien L. TCHINTCHIBIDJA, Vice-Présidente de la Commission de la CEDEAO
Autre défi : Le financement des campagnes, les violences politiques et numériques, les stéréotypes et certaines pratiques internes aux partis continuent de freiner l’ascension des femmes. La CEDEAO travaille notamment sur une loi modèle concernant le financement politique sensible au genre, afin de réduire ces barrières dans les États membres.
Au moment de la transition, nous avons eu 7 femmes qui étaient au gouvernement de la transition et elles ont contribué à faire que le code électorale soit respecté. dont ce que moi je retient de l’exemple de la guinée C’est la volonté affichée des autorités de changer, de pouvoir aller vers cette parité, mais aussi la mobilisation active de tous les réseaux féminins, des associations, des leaders de femmes et surtout de la société civile.
Hadja Sérégbé Keïta, Secrétaire Général adjoint du Gouvernement – Guinée
Le contraste entre les pays montre toutefois que des progrès sont possibles lorsque des mécanismes spécifiques sont mis en place. Le Sénégal, par exemple, a atteint environ 41,2 % de femmes à l’Assemblée nationale après les législatives de 2024, grâce notamment à son dispositif de parité. Pour la CEDEAO, le défi est désormais de transformer ces expériences en réformes durables et de faire passer la représentation féminine d’environ un cinquième des sièges à une véritable parité à l’horizon 2035.



