L’Égypte ambitionne de devenir un pôle mondial du commerce et de la transformation des céréales, selon le ministre de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur, Shérif Farouk. Cette stratégie vise à servir le Moyen-Orient et l’Afrique. Premier importateur de blé russe, le pays renforce ainsi son influence sur les marchés agricoles internationaux.
L’Égypte ambitionne de devenir un hub mondial du commerce et du stockage de céréales face aux perturbations des chaînes d’approvisionnement liées aux conflits régionaux. S’appuyant sur sa position stratégique, le pays d’Afrique du nord mobilise un réseau de 19 ports et 70 silos modernisés pour accroître ses capacités. Selon le ministre égyptien de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur, Sherif Farouk , cette initiative vise à renforcer la sécurité alimentaire régionale et la stabilité de l’offre mondiale.
“ils ont besoin d’investissements directs étrangers, d’énormes investissements directs étrangers, et pour renforcer la position de l’Egypte comme centre régional et mondial de commerce. Ils peuvent le faire s’il y a la volonté politique et s’il y a des décisions fermes. Pour ce faire aussi, il faudra stabiliser la région, puisque la région où ils se trouvent est une zone de conflit. Cette zone de conflit doit être réduite au minimum, parce qu’il y a de gros potentiels avec l’Ethiopie, avec les deux Soudans, qui peuvent être des géants agricoles dans les céréales.”
Hamidine Kane, Docteur en économie et intelligence économique – Mauritanie
Amr Abdo, de la Fédération des chambres de commerce égyptiennes, a souligné que l’établissement d’un pôle mondial de stockage de céréales est devenu une priorité absolue. Cette initiative répond directement à l’intensification des tensions régionales qui menacent la fluidité des approvisionnements mondiaux. Avec des besoins annuels avoisinant les 20 millions de tonnes, l’Égypte conserve sa position de premier importateur mondial de blé. Bien que la récolte nationale fournisse entre 9 et 10 millions de tonnes, le pays doit importer chaque année 10 à 12 millions de tonnes supplémentaires pour combler son déficit de consommation, d’après les statistiques du département américain de l’Agriculture.
“La position égyptienne est une excellente position, parce qu’elle est à cheval entre deux continents, le continent asiatique et le continent africain, où l’Egypte est ancrée. Donc ça, ça fait une position, et puis il y a le canal de Sièze aussi qui peut renforcer, puisque sur le canal de Sièze transite énormément de produits mondiaux, à peu près 10 à 12% du commerce mondial transite par le canal de Sièze. Donc ce canal de Sièze fait de l’Egypte un point névralgique essentiel et fondamental pour le commerce mondial. Donc c’est à exploiter par les Égyptiens pour renforcer justement ce projet d’aide aux céréales.”
Hamidine Kane, Docteur en économie et intelligence économique – Mauritanie
Dans le cadre de ses réformes visant à limiter le recours aux importations, l’Égypte a collecté un volume record de blé auprès des producteurs locaux. Les autorités, commerçants et agriculteurs confirment que le pays est sur le point d’atteindre son objectif de 5 millions de tonnes métriques pour la campagne 2026. Lancée à la mi-avril, cette saison d’achat se poursuivra jusqu’à la mi-août. Selon les dernières données officielles, les acquisitions gouvernementales s’élèvent d’ores et déjà à 4,6 millions de tonnes.



