Le 25 décembre 2025, la Banque centrale d’Égypte a maintenu ses taux directeurs à des niveaux élevés, adoptant une approche prudente face à la hausse de l’inflation et aux incertitudes géopolitiques. Alors que l’économie affiche une croissance de 5,2% au troisième trimestre, l’institution privilégie la stabilité monétaire et anticipe une légère remontée des prix avant un ralentissement progressif attendu au second semestre 2026.
La Banque centrale d’Égypte a récemment confirmé le maintien de ses taux directeurs à des niveaux élevés, adoptant une approche prudente face aux pressions inflationnistes et aux incertitudes géopolitiques qui continuent de peser sur l’économie nationale. Ainsi, le taux de dépôt au jour le jour reste fixé à 21%, celui du prêt au jour le jour à 22%, tandis que le taux de l’opération principale et le taux d’escompte sont maintenus à 21,5%. Cette décision, issue de la réunion du Comité de politique monétaire, reflète la volonté de l’institution de privilégier la stabilité monétaire plutôt qu’un assouplissement prématuré.
« La situation macroéconomique égyptienne est assez tendue. Environ trois ans après les répercussions de la crise russo-ukrainienne, l’inflation importée avait atteint un pic de 39 % dans l’économie égyptienne, une situation inédite. Depuis, la Banque centrale, qui doit dépendre de la stabilité interne et externe de l’économie égyptienne, s’est engagée dans le relèvement de ses taux directeurs afin de mener une politique monétaire restrictive. »
Luc Mbangué Ewané, Président du Think Tank R-ECO – Cameroun
Sur le plan intérieur, l’économie égyptienne a affiché une croissance du PIB réel de 5,2% au troisième trimestre 2025, en légère hausse par rapport aux 5% enregistrés au trimestre précédent. Cette performance est portée par le dynamisme du secteur manufacturier hors pétrole, du commerce et du tourisme. Cependant, le marché du travail montre des signes de tension, le taux de chômage passant de 6,1% à 6,4%.
« Cependant, il ne faut pas décourager l’investissement privé, vu que la facture d’importation des produits alimentaires et des produits intermédiaires a beaucoup augmenté, ce qui nécessite la relance du secteur agricole et de l’agro-industrie. »
Luc Mbangué Ewané, Président du Think Tank R-ECO – Cameroun
D’ailleurs en octobre 2025, l’inflation a atteint 12,5% sur un an, contre 11,7% en septembre, avec une inflation sous-jacente à 12,1 %. La Banque centrale attribue cette hausse à la progression des prix des services et des biens non alimentaires, un phénomène qui complique la trajectoire de désinflation. Pour le reste du quatrième trimestre 2025, l’institution prévoit d’ailleurs une légère remontée de l’inflation, en lien avec les ajustements des prix de l’énergie, avant un ralentissement progressif attendu au second semestre 2026.



