Gabon : 262 400 poussins pour relancer l’aviculture

Le Gabon accélère sa marche vers l’autosuffisance avicole avec la distribution de 262 400 poussins à 79 éleveurs, à quelques semaines de l’interdiction annoncée des importations de poulet. Une opération stratégique, soutenue par l’État, qui met à l’épreuve la capacité du pays à produire localement et à satisfaire la demande des consommateurs.

Au Gabon, la course à l’autosuffisance avicole entre dans une phase opérationnelle. Du 19 novembre au 17 décembre 2026, 262 400 poussins d’un jour seront distribués à 79 éleveurs répartis dans huit provinces, avec l’appui de la Société meunière et avicole du Gabon (SMAG). Pour cette première bande, l’État prend en charge à 100 % la provende et les produits vétérinaires. Un soutien destiné à réduire les coûts de production et à accélérer la montée en puissance des élevages locaux. Mais derrière cette opération se joue un pari économique majeur : préparer le marché national à l’interdiction des importations de poulet de chair annoncée pour le 1er janvier 2027.

 “ Le Gabon est bien parti pour ce qui concerne l’autosuffisance du poulet et la culture et la vulgarisation de la production du poulet. Cette stratégie s’accompagne d’un accompagnement technique au niveau des éleveurs, d’un accompagnement structurel au niveau de la qualité de la productivité agricole  pour arriver à un Gabon autosuffisant tel que le 1er janvier 2027 le pays n’importe plus de poulet.  ‘’

Honoré Justin MONDOMOBE, Expert en Intelligence économique – Cameroun

 Selon les données présentées par les autorités gabonaises, la production nationale tourne autour de 4 000 tonnes par an, face à des importations estimées à 55 000 tonnes annuelles dans certaines communications officielles. Le gouvernement ambitionne désormais de porter la production locale entre 100 000 et 130 000 tonnes à l’horizon 2027-2028. Pour y parvenir, le Plan opérationnel d’urgence pour la filière avicole prévoit notamment l’accompagnement de 150 fermes dans les neuf provinces, la construction de couvoirs et d’abattoirs régionaux ainsi que le développement de la production locale de maïs et de soja.

‘’ Mais je pense qu’il faudrait mettre de l’eau dans du vin gabonais en augmentant la production des intrants et de la provente nationale. Il ne faudrait plus que les ingrédients de la province soient importés et il faudrait aller vers la production d’une provence bio, la production d’une provente à qualité renforcée pour pouvoir créer plus d’emplois dans la filière et dans le secteur.   ’’

Honoré Justin MONDOMOBE, Expert en Intelligence économique – Cameroun

Cinq conventions d’investissement représentant plus de 775 milliards de FCFA ont également été annoncées, avec une capacité de production projetée de 130 000 tonnes et jusqu’à 100 000 emplois directs et indirects à terme. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer les ambitions annoncées en résultats concrets, afin que le poulet produit localement puisse progressivement remplacer le poulet importé sans pénaliser les consommateurs.

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