Gabon : construction d’un centre d’appui à la pêche artisanale

Avec 800 kilomètres de côtes, le Gabon dispose d’un important potentiel halieutique. Pourtant, le pays importe chaque année jusqu’à 26 000 tonnes de poisson pour répondre à sa consommation. Face à ce paradoxe, la modernisation de la pêche artisanale apparaît comme un enjeu de souveraineté alimentaire. À Donguila, les autorités misent sur de nouvelles infrastructures pour structurer la filière.

À Donguila, dans la province de l’Estuaire, le Gabon veut développer son secteur halieutique. Ici, le programme Gab Pêche prévoit la construction d’un centre d’appui à la pêche artisanale. Sur ce futur site, chambres froides, fabriques de glace, quais de débarquement, ateliers mécaniques et station-service doivent accompagner les pêcheurs au quotidien. Objectif : réduire les pertes, mieux organiser les débarquements et professionnaliser la filière. Un enjeu majeur pour un pays qui dispose de près de 800 kilomètres de côtes, mais qui reste dépendant des importations pour nourrir sa population.

“Le site est composé principalement d’une voie d’accès qui mène au CAPAD, d’une plateforme parking et une plateforme bâtiment. La plateforme bâtiment regorge trois bâtiments principalement. Nous avons le bâtiment marché, le bâtiment restaurant-bar et le bâtiment vestiaire. Et nous avons également le ponton qui servira simplement aux embarcations d’accoster.”

Yannick Obame Ella, Conducteur travaux de construction du centre d’appui à la pêche artisanale – Gabon

Chaque année, la demande nationale est estimée à environ 70 000 tonnes de poissons. La production locale, comprise entre 40 000 et 50 000 tonnes, peine à couvrir les besoins. Pour combler ce déficit, le Gabon importe chaque année près de 25 000 à 26 000 tonnes de poisson. Un paradoxe qui révèle l’écart entre l’important potentiel halieutique du pays et ses capacités actuelles de production, de conservation et de distribution.

“Selon la politique du chef de l’État, la main-d’œuvre est naturellement une main-d’œuvre locale. Localement, des agents, des HTM et certains maçons, nous les avons pris ici sur place.”

Yannick Obame Ella, Conducteur travaux de construction du centre d’appui à la pêche artisanale – Gabon

Au-delà du déficit de production, le défi est aussi social et logistique. La pêche maritime artisanale reste dominée à près de 95 % par des communautés étrangères, tandis que seuls 22,7 % des exploitants ont moins de 35 ans. Sur le terrain, l’absence de chaîne du froid et de quais modernes accentue les pertes après capture et fragilise l’approvisionnement des marchés locaux.

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