Au Ghana, la monnaie nationale, le cédi, connaît un redressement inédit. Après des années de volatilité et d’inflation élevée, la devise s’apprécie fortement. En 2025, le cédi a progressé de 41 % face au dollar américain, un record depuis 1994. Cette performance repose sur la hausse des réserves de change et le programme stratégique sur l’or.
Le cédi ghanéen a réalisé en 2025 une performance monétaire sans précédent. Dans un contexte de redressement macroéconomique après plusieurs années de fortes turbulences, la devise nationale a enregistré sa première appréciation annuelle face au dollar américain depuis 1994, progressant d’environ 41 %, selon Bloomberg. Cette forte hausse intervient après une période de volatilité et d’inflation élevée, qui avait culminé à 23,8 % en janvier 2025 avant de tomber à 6,3 % en novembre.
“Le programme ghanéen « G4 » vise à garantir la stabilité et la sécurité de l’accès aux ressources pour ses citoyens. Les mesures envisagées incluent la valorisation du Cedi, mais l’approche principale repose sur une combinaison d’actions : l’application d’une discipline budgétaire stricte et la continuation de l’accumulation d’or en tant que réserves de change, l’or restant un élément clé pour des réserves durables dans le système monétaire actuel.“
JUSTIN HONORÉ MONDOMOBE, Expert en intelligence économique – Cameroun
Cette dynamique s’explique principalement par le renforcement des réserves de change, porté par l’augmentation des achats d’or par la Banque du Ghana. Les réserves internationales brutes atteignaient près de 11,4 milliards de dollars fin octobre 2025, tandis que les réserves d’or bondissaient de moins de 9 tonnes à plus de 38 tonnes sur la même période. La décélération de l’inflation pendant 11 mois consécutifs résulte du resserrement de la politique monétaire, de la consolidation budgétaire et d’une meilleure gestion du marché des changes.
“Une bataille importante doit donc être menée, mais elle ne doit pas être isolée. Au contraire, elle doit être menée en collaboration avec les autres pays africains et s’inscrire dans l’esprit de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). En effet, la ZLECAf encourage le Ghana, non seulement à stocker de l’or, mais aussi à l’utiliser comme monnaie d’échange pour garantir la stabilité de sa propre monnaie – pas au sens physique, mais comme un levier de stabilisation. Il reste beaucoup à faire, mais je crois que le Ghana est sur la bonne voie. “
JUSTIN HONORÉ MONDOMOBE, Expert en intelligence économique – Cameroun
Le programme « Or pour les réserves », bien que couronné de succès, a généré des dépenses déclarées d’environ 214 millions de dollars. Les autorités expliquent ces coûts par la nécessité d’investissements stratégiques visant à formaliser le secteur aurifère et à lutter contre la contrebande.



