Les ministres du Commerce et de l’Industrie de la CEDEAO ont réaffirmé, à Accra, leur engagement à lever les barrières non tarifaires qui freinent encore le commerce en Afrique de l’Ouest. Une priorité stratégique alors que ces obstacles représentent près de 30 % des coûts commerciaux et privent la région d’environ 10 milliards de dollars d’échanges chaque année. Dans un espace économique de plus de 680 milliards de dollars de PIB, où le commerce intra-régional reste limité à 12-15 %, les ministres misent sur la suppression des points de contrôle illégaux et la réduction des lourdeurs administratives pour fluidifier les échanges et accélérer l’intégration régionale, en cohérence avec les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le 12 juin 2026, les ministres du Commerce et de l’Industrie de la CEDEAO ont renouvelé leur engagement en faveur de la suppression des barrières non tarifaires qui freinent encore les échanges en Afrique de l’Ouest, à l’occasion de la 5e réunion des ministres du Commerce et de l’Industrie de la CEDEAO tenue à Accra, au Ghana. Cet appel a été fait alors que ces barrières non tarifaires représentent environ 30 % des coûts du commerce international et bloquent chaque année près de 10 milliards de dollars d’échanges non comptabilisés dans la région.
“Les barrières non tarifaires restent l’obstacle le plus important dans tout cela, ajoutant une estimation de 15 à 20 % au coût du commerce en Afrique de l’Ouest. Je continue de dire que je n’ai pas peur des barrières tarifaires. Si elles sont de 5 %, vous pouvez les intégrer dans votre coût de production. Mais en ce qui concerne les barrières non tarifaires, elles continuent de représenter un défi pour nous. Nous devons tous mettre la main à la pâte pour nous assurer que nous résolvons ce problème.”
Elizabeth Ofosu-Adjare, Ministre du Commerce et de l’Industrie, Ghana
D’après les ministres de la CEDEAO, l’enjeu est crucial pour les pays membres, dont le marché global pèse plus de 680 milliards de dollars de PIB mais où le commerce intra-communautaire stagne historiquement autour de 12 % à 15 % des flux totaux. Alors que l’Afrique ne représente encore que moins de 1 % des exportations mondiales selon l’OMC, la levée de ces obstacles administratifs et physiques est indispensable pour fluidifier le marché ouest-africain et soutenir l’objectif d’une croissance de 10 % du commerce intra-africain sous l’impulsion de la Zone de libre échange continental africaine.
“Nous représentons un marché de plus de 3,5 millions de personnes, avec un PIB combiné d’environ 700 millions de dollars américains. Aucun partenaire ne peut se permettre d’ignorer un bloc de cette taille. Mesdames et Messieurs les députés, les barrières non tarifaires en Afrique de l’Ouest représentent environ un tiers de notre commerce total, et même les estimations générales les situent en dessous de 15 %. Les économistes asiatiques estiment qu’environ un quart de leurs échanges se fait au sein de leur propre région.”
Elizabeth Ofosu-Adjare, Ministre du Commerce et de l’Industrie – Ghana
Cet effort vise à supprimer les points de contrôle illégaux sur les corridors routiers, responsables de retards de 25 à 30 heures par trajet et de coûts logistiques pouvant atteindre 40 %. L’objectif est de porter le commerce intra-régional de 12 % à 25 % d’ici 2030, tout en réduisant de 60 % les délais administratifs aux frontières et en formalisant une partie des 10 milliards de dollars de commerce transfrontalier encore non comptabilisés chaque année.



