En Libye, la crise politique entre les centres de pouvoir rivaux de l’Est et de l’Ouest continue de bloquer le processus électoral. Malgré les efforts de l’ONU et la signature d’un nouvel accord, l’organisation d’élections nationales crédibles et inclusives reste incertaine.
Malgré des avancées dans le dialogue politique, les divisions institutionnelles continuent de freiner le processus électoral en Libye. Le 14 octobre 2026, l’envoyée spéciale de l’ONU, Hanna Serwaa Tetteh, a appelé les dirigeants libyens à dépasser leurs différends pour organiser des élections crédibles et inclusives. Un accord signé le 30 août à Tripoli prévoit la restructuration de la Haute Commission nationale électorale et le règlement des différends juridiques et constitutionnels. Il vise à organiser les élections présidentielles et législatives sous une autorité exécutive unifiée dans un délai de 24 mois, mais sa mise en œuvre reste incertaine en raison des divisions persistantes.
“Lors des réunions de Londres, Berlin, les perturbations éventuelles du Conseil d’État ont été peu abordées. Malgré certaines critiques, son rôle dans l’entrave au dialogue et à une solution pacifique a été souligné. La mission vise à favoriser un consensus entre les Libyens”.
Abdul Al-Othman, Chercheur en sciences politiques – Libye
La Libye reste divisée entre des centres de pouvoir rivaux à l’ouest et à l’est, retardant la transition politique depuis 2014. Les élections nationales prévues en décembre 2021 n’ont toujours pas eu lieu, tandis que 2,8 millions d’électeurs inscrits attendent de voter. La situation économique et sécuritaire reste également préoccupante, avec une inflation d’environ 14 %, une baisse du pouvoir d’achat et des pertes liées aux fermetures de champs pétroliers et de pipelines, selon l’Onu.
“À mon avis, l’accord « 4+4 » constitue le seul progrès tangible réalisé par la Mission de l’ONU en Libye depuis sa création. Qualifié d’historique, il vise à débloquer la situation politique et à sortir le pays de l’impasse qui perdure depuis 2011.«
Ahmed Al-Mahdi, Chercheur en sciences politiques – Libye
L’ONU entend poursuivre ses consultations avec les acteurs libyens afin d’unifier les institutions et de créer les conditions d’élections pacifiques et transparentes. Si l’accord signé constitue une avancée, sa réussite dépendra de son application effective et de la capacité des parties à dépasser leurs divergences pour parvenir à un compromis politique durable.



