Alors que plusieurs régions du continent sont confrontées aux conflits armés, au terrorisme et aux crises politiques, l’Afrique intensifie ses efforts pour bâtir une paix durable. Au cœur de cette dynamique : le programme de l’Union africaine (UA) en matière de résolution des conflits et de sécurité.
La paix en Afrique n’est plus seulement un idéal politique : elle est devenue une priorité stratégique. À travers son Architecture africaine de paix et de sécurité, l’Union africaine déploie des mécanismes concrets pour prévenir les conflits, gérer les crises et soutenir la reconstruction post-conflit. Le Conseil de paix et de sécurité, la Force africaine en attente ou encore le Système continental d’alerte rapide constituent les piliers de cette stratégie continentale. L’objectif est clair : anticiper les crises et intervenir rapidement pour éviter l’escalade des violences. Mais sur le terrain, les défis restent immenses. Les conflits qui continuent de s’intensifier à travers le continent aggravent une crise humanitaire majeure : on estime que près de 46 millions d’Africains ont été contraints de fuir leurs foyers, soit à l’intérieur de leur propre pays, soit vers des pays voisins, en raison de la violence et de l’instabilité persistantes du Sahel jusqu’à la Corne de l’Afrique et au bassin du Lac Tchad. Et 96 % de ces déplacements forcés sont liés directement aux conflits armés, soulignant à quel point l’insécurité constitue un frein au développement humain et à la stabilité régionale.
“ Tout d’abord, le sommet a discuté des mesures concrètes pour mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC. Le médiateur de l’Union africaine et la personne du Président de la République togolaise, Son Excellence Faure Gnassingbé, ont présenté à l’Assemblée un rapport complet sur les actions entreprises depuis sa nomination par l’Assemblée en avril 2025. Deuxièmement, en marge du sommet, nous avons engagé le dialogue avec tous les acteurs du conflit, en particulier le panel de facilitateurs composé de cinq anciens présidents. Ces facilitateurs, aux côtés du médiateur, et en concertation avec les processus de Doha et de Washington D.C., ont réaffirmé l’importance d’un cessez-le-feu permanent.”
BANKOLE ADEOYE, Commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité
Le commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine, Bankole Adeoye, insiste sur l’urgence d’une action collective. Selon lui, la paix durable passe par le renforcement des institutions démocratiques, la lutte contre les coups d’État et une meilleure coordination entre les États membres.
“ Tous les acteurs doivent s’engager dans un dialogue constructif afin de mettre fin à la souffrance des populations de l’Est de la RDC. Ainsi, l’Est de la RDC reste une priorité majeure pour l’Union africaine, et je tiens à vous assurer que notre objectif est de continuer à travailler avec la communauté internationale, sur la base du principe de faire taire les armes immédiatement et de manière permanente dans l’Est de la RDC, tout en veillant à promouvoir une paix durable, fondée sur une architecture de médiation dirigée par l’Union africaine.”
BANKOLE ADEOYE, Commissaire de l’UA aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité
Les dirigeants africains estiment que la question de la sécurité continentale entrave le développement économique et l’intégration africaine effective. Ils appellent à « faire taire les armes » à travers le dialogue, la médiation et des solutions africaines aux problèmes africains.
“ Tout au long de ce mandat, nous avons cherché à renforcer le rôle de l’Union africaine en tant que plateforme de conciliation politique et d’action concrète, en favorisant une plus grande articulation entre les États membres et les communautés économiques régionales, le renforcement de l’approche préventive face aux impacts du changement climatique, la mobilisation de partenariats stratégiques pour le financement d’infrastructures résilientes et la réaffirmation des principes suivants. ”
JOÃO LOURENÇO, Président de l’Angola – Angola
L’initiative « Faire taire les armes » s’inscrit d’ailleurs dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui ambitionne une Afrique pacifique, prospère et intégrée. Mais face à des millions de personnes déplacées par la violence, du Sahel au Soudan en passant par le nord du Mozambique, l’Union africaine mise sur la diplomatie préventive, la coopération régionale et le renforcement de ses capacités opérationnelles pour relever pleinement les défis de paix et de sécurité.