Dans une communication rendue publique jeudi 19 février, le gouvernement malien a catégoriquement rejeté les rumeurs annonçant le retour imminent de son ambassadeur en Algérie. Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale évoque des fausses informations délibérément distillées, accusant leurs auteurs de chercher à troubler l’opinion et à créer une confusion sur l’état réel des relations diplomatiques.
Sur fond de crise diplomatique persistante avec l’Algérie, et alors que les relations bilatérales demeurent officiellement suspendues sans retour des ambassadeurs à leurs postes, le gouvernement malien a décidé de mettre fin aux spéculations évoquant un retour imminent de son représentant à Alger. Jeudi 19 février, le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a dénoncé de fausses informations délibérément distillées qui viseraient, selon lui, à semer la confusion dans l’opinion publique et à entretenir des interprétations erronées sur l’évolution des relations entre Bamako et Alger.
“ De notre point de vue, rien, absolument rien ne saurait justifier que la force de défense algérienne puisse s’attaquer militairement à un aéronef des forces de défense et de sécurité du Mali. D’abord, il était possible de pouvoir entrer en contact avec les unités maliennes. Ensuite, au niveau de nos différents services de renseignement, il y a un canal de communication qui est établi.”
Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale – Mali
Le 6 avril 2025, le Mali a rappelé son ambassadeur suite à un incident grave survenu dans la nuit du 31 mars au 1er avril. L’armée algérienne a abattu un drone militaire malien près de Tin Zaouatine, à la frontière nord. L’ALgérie a justifié cette action par une violation répétée de son espace aérien, tandis que le Mali a contesté vigoureusement les faits, allant jusqu’à saisir la Cour internationale de Justice en septembre 2025 pour atteinte à sa souveraineté. Une procédure finalement abandonnée faute de compétence reconnue. Depuis cet événement, l’espace aérien entre les deux nations reste fermé et les relations diplomatiques sont gelées.
“ Il y a aussi le niveau diplomatique. Ce contact aurait pu se faire en amont, pendant ou même après l’incident. Il s’agit d’une démarche diplomatique classique pour pouvoir montrer notre mécontentement. Et d’autres actions seront également entreprises pour faire passer le message là où il le faut. Toutes les démarches nécessaires, à tous les niveaux, seront entreprises pour préserver les intérêts du Mali.”
Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale – Mali
Bien que l’Algérie ait rétabli ses relations avec le Niger et le Burkina Faso, partenaires du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), aucun signe officiel n’indique une normalisation avec le Mali.



