Le Nigeria est confronté à une situation d’urgence en matière de santé maternelle, avec des milliers de femmes enceintes qui meurent chaque année de causes largement évitables. Ce soir, nous vous présentons les dernières données sur la mortalité maternelle, les progrès réalisés et les mesures prises par le gouvernement pour sauver la vie des mères.
Au Nigeria, donner la vie reste un combat à haut risque. Le pays concentre à lui seul près de 29 % des décès maternels recensés dans le monde. Chaque année, environ 75 000 femmes perdent la vie pendant la grossesse ou l’accouchement, soit un décès toutes les sept minutes. Avec un taux alarmant de 1 047 décès pour 100 000 naissances vivantes, les causes sont bien identifiées : hémorragies, l’hypertension, mais surtout un accès limité aux soins de santé, notamment dans les zones rurales.
La plupart des gens ignorent les soins prénataux, qui sont des facteurs de risque de mortalité maternelle. Certaines personnes consomment des drogues, ce qui peut également entraîner la mortalité maternelle et la négligence… Une femme en âge de procréer devrait prendre de l’acide folique, par exemple, mais on constate que des femmes donnent naissance à des enfants handicapés ou meurent avec leurs enfants sans même prendre l’acide folique que l’on peut se procurer en pharmacie… Certains hommes ne permettent pas à leurs femmes de bénéficier de soins prénataux, et certaines religions interdisent à d’autres médecins et au personnel soignant de toucher leurs femmes parce qu’ils sont de sexe opposé.
MIKE OGENYI, Médecin
Ces drames, pour la plupart évitables, ont poussé les autorités nigérianes à renforcer leur réponse sanitaire. Des programmes ciblés sont progressivement étendus à plusieurs États du pays, avec un accent mis sur la collecte et le suivi des données, essentiels pour mieux orienter les politiques publiques. Résultat encourageant : selon les autorités sanitaires fédérales, les décès maternels ont reculé de 17 % dans les 172 collectivités locales les plus touchées.
Certains hommes pensent que même s’ils ont une femme, s’ils la perdent, ils peuvent toujours en trouver une autre, ce qui nous place dans une situation de manque de connexion émotionnelle, de manque d’empathie envers la situation… Nous devons en parler davantage, nous devons partager nos histoires les uns avec les autres, puis, en tant que militants, défenseurs et professionnels des médias, nous devons diffuser ce message… pour susciter l’intérêt et faire bouger les choses.
YIL FOMWUL-GONSUM, Militante pour les droits des femmes
Malgré ces avancées, la mortalité maternelle demeure l’un des défis de santé publique les plus urgents au Nigeria et sur le continent africain. Mais les signaux positifs observés dans certaines zones laissent entrevoir des progrès possibles, portés par un engagement gouvernemental renforcé, de nouvelles initiatives et des partenariats plus solides au service de la vie des mères.



