RD Congo : Joseph Kabila annonce la création du Front pour la refondation de la nation

La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila et intégrant des figures de l’AFC/M23, suscite des interrogations à Kinshasa. Les autorités congolaises sont confrontées à un nouveau défi politique et sécuritaire, alors que le conflit dans l’Est du pays se poursuit et que les efforts de paix restent fragiles.

L’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila et intégrant des figures de l’AFC/M23, suscite de vives réactions en République démocratique du Congo. Dévoilée le lundi 12 octobre à Goma, cette nouvelle coalition politico-militaire affiche son intention de s’opposer au pouvoir de Félix Tshisekedi, y compris par la force. Une annonce qui intervient dans un contexte de conflit persistant dans l’Est du pays et qui place une nouvelle fois les autorités congolaises face à la question des liens présumés entre l’ancien chef de l’État et la rébellion. 

Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos. Un homme du passé, nostalgique des méthodes antidémocratiques, fils-aîné du père, complice et auteur connu des crimes, condamné et sous sanctions internationales. Avec le peuple congolais, les hommes et les femmes épris de paix, nous restons fermement engagés à travers le processus du dialogue amorcé par le Président de la République pour restaurer la paix et l’intégrité territoriale.

Patrick Muyaya, Porte-parole du gouvernement

À Kinshasa, les premières réactions dans les milieux proches du pouvoir dénoncent une évolution qui, selon ses détracteurs, confirme les accusations portées depuis plusieurs mois contre Joseph Kabila. Des voix de la majorité appellent notamment les Congolais, en particulier les jeunes, à ne pas rejoindre cette nouvelle structure. Le gouvernement congolais doit désormais préciser sa réponse politique et sécuritaire face à cette annonce, alors que les enjeux de souveraineté nationale et les efforts de négociation pour ramener la paix dans l’Est demeurent au cœur des préoccupations.

Les élus du peuple n’ont aucune leçon de légitimité à recevoir de celui qui a prolongé son propre mandat de deux ans. Et lorsqu’ils rappellent à nos partenaires que leurs engagements reposent sur la continuité de l’État et non sur la pérennité des régimes, ce n’est pas au peuple congolais qu’ils parlent, c’est à l’étranger pour l’inviter à miser sur l’après au moment même où la République est résolument engagée sur la recherche de la paix. 

Aimé Boji Sangara , Président de l’Assemblée Nationale 

Cette nouvelle configuration ravive également le dossier judiciaire de Joseph Kabila. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire congolaise l’a condamné à mort par contumace pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel, entre autres chefs d’accusation liés à ses liens présumés avec l’AFC/M23. Une décision contestée par sa famille politique, qui dénonce une procédure à caractère politique. Au-delà de cette confrontation entre acteurs politiques, la création du FRN fait craindre une complication supplémentaire du processus de paix et une aggravation des conséquences du conflit pour les populations civiles de l’Est de la RDC. 

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