Face à l’aggravation des difficultés de trésorerie de l’État, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a exigé, le 20 février 2026, un audit de l’état liquidatif des fonctionnaires et agents publics. Cette démarche intervient suite aux inquiétudes exprimées par le Fonds Monétaire International (FMI) concernant l’accroissement de la masse salariale publique, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a décidé le 20 février 2026, lors du Conseil des ministres, d’engager un audit complet de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État, dans un contexte marqué par des tensions de trésorerie et des retards de paiement. Cette décision fait suite à l’observation récente du Fonds monétaire international concernant l’augmentation significative de la masse salariale dans la fonction publique, notamment dans les secteurs de l’éducation nationale et de la santé.
“La réalité, c’est que la masse salariale a explosé pour de bonnes raisons. La première, c’est qu’il y a beaucoup de nouvelles unités qui ont été effectivement immatriculées. Ça veut dire des gens qui travaillaient pour l’État depuis de longues années, mais qui n’avaient jamais été payés pour des raisons tout à fait sérieuses, professionnelles et humaines. Ces personnes ont été enrôlées dans la fiche nationale de base qui doit rester logique. Ce qui veut dire qu’en réalité, la masse salariale augmente par l’effet numérique. Le deuxième phénomène, c’est qu’il y a beaucoup de gens qui sont en âge de retraite depuis les trente dernières années et qui ne sont jamais partis en retraite. Ces personnes continuent à bénéficier de leur salaire, même si elles ne travaillent pas.”
Al Kitenge , Économiste – RD Congo
Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment alerté sur une « dérive » de la masse salariale publique en République démocratique du Congo (RDC), la considérant désormais comme un risque budgétaire majeur pour le pays. D’après Valery Madianga, coordonnateur du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL), cette masse salariale a encore augmenté de 11 % en 2026.
“Au delà de tout ça, il y a quand même quelque chose d’extrêmement important et qu’il faut faire, c’est la maîtrise des effectifs. Il y a encore malheureusement beaucoup de gens qui ne sont pas censés être payés par l’État, mais qui le sont encore, simplement parce que la maîtrise n’est pas suffisante au niveau des effectifs.”
Al Kitenge , Économiste – RD Congo
La Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, Judith Suminwa, a trente jours pour rendre les conclusions de cette mission que le Chef de l’Etat lui a confiée, avec l’appui de l’Inspection Générale des Finances et des services de contrôle. Cette mesure vise, selon le Ministre de la Communication et Médias et porte-parole du Gouvernement, Patrick Muyaya Katembue, à garantir la soutenabilité des finances publiques et assurer la continuité des opérations financières de l’État, en particulier le paiement régulier des salaires.



