Au Rwanda, le programme national d’alimentation scolaire se révèle être un puissant levier pour lutter contre l’abandon et l’absentéisme. À Gashora, dans le district de Bugesera, élèves et éducateurs témoignent des effets concrets de ce dispositif social qui transforme l’accès à l’éducation dans les zones rurales.
Il est 11h40 au Groupe Scolaire de Gashora, dans le district de Bugesera, à l’est du Rwanda. La cloche de la pause retentit et les écoliers s’activent pour le déjeuner. Certains soulèvent les lourdes marmites tandis que d’autres, dans les salles de classe, s’apprêtent à servir les repas. Ce rituel quotidien va bien au-delà de la simple alimentation: pour ces enfants, c’est l’une des principales raisons qui les pousse à revenir à l’école.
“Le programme d’alimentation scolaire a prouvé son efficacité, entraînant une hausse significative de la fréquentation et une diminution de l’absentéisme. Cette motivation accrue des élèves s’explique notamment par le fait que cela leur évite les longs trajets pour rentrer déjeuner à la maison. Ce dispositif s’avère particulièrement crucial dans les zones rurales où la population dépend majoritairement de l’agriculture. Il répond aux besoins des familles très pauvres qui peinent à fournir un repas quotidien, et soulage également les parents très occupés par leurs travaux agricoles, leur assurant que leurs enfants mangent à temps.”
Claudette UMUTESI, Directrice du Groupe scolaire de Gashora – Rwanda
Selon les dernières statistiques officielles, près de 4 millions d’enfants bénéficient désormais chaque jour d’un repas scolaire à travers le Rwanda, contre environ un million il y a quelques années. Le programme couvre aujourd’hui la majorité des écoles publiques et subventionnées, avec une contribution parentale symbolique de 970 francs rwandais par enfant, souvent prise en charge pour les familles les plus vulnérables par les services sociaux.
“Pour assurer le succès de ce programme, une modeste contribution des parents, inférieure à 1000 francs rwandais, est sollicitée. Cependant, nous sommes conscients que certaines familles n’arrivent pas à s’acquitter de cette somme régulièrement, en raison de la pauvreté, de conflits familiaux, ou tout simplement du désintérêt de certains parents pour leurs responsabilités, ce qui conduit à des abandons scolaires. Face à cette situation, nous prenons en charge cette contribution afin de garantir la continuité de la scolarité de l’enfant jusqu’à la fin de ses études. Parallèlement, nous privilégions l’aide aux familles pour qu’elles puissent atteindre l’autosuffisance, car notre projet n’a pas vocation à se pérenniser indéfiniment.”
Paulin NDAHAYO, Responsable du Projet Zero Out of School – Rwanda
Le projet « Zero Out-of-School Children » (OOSC) ambitionne de réintégrer plus de 177 000 enfants âgés de 6 à 17 ans dans l’enseignement primaire d’ici 2027. En améliorant l’accès, la rétention et les infrastructures scolaires, tout en luttant contre la pauvreté et les obstacles liés au handicap, le programme mise sur l’alimentation scolaire comme levier central pour que chaque enfant retrouve le chemin de l’école et complète sa scolarité.



