Rwanda : électrification des motos de 30% d’ici 2030

Le Rwanda accélère sa transition vers une mobilité plus propre. À Kigali, les motos électriques gagnent progressivement du terrain dans un secteur dominé par les taxis-motos. Portée par des politiques publiques ambitieuses, cette transformation vise à réduire les coûts pour les conducteurs et les émissions de carbone. Encore minoritaires, ces engins séduisent de plus en plus d’usagers. Une mutation progressive qui redessine le paysage du transport urbain.

Cela fait plus de cinq ans que Blanche DUSENGIMANA fait du taxi-moto à Kigali, la capitale du Rwanda. Elle a commencé par une moto à essence mais après, elle a choisi d’essayer une moto électrique dans son travail de chaque jour. Amoureuse de moto en général, Blanche note une grande différence entre une électrique et une moto à essence. 

“J’ai été parmi les premiers chauffeurs à adopter les motos électriques dès leur arrivée au pays. C’était initialement par curiosité, mais aussi pour soutenir le programme gouvernemental de réduction des émissions de gaz toxiques. Et puis, après, je suis rapidement tombée amoureuse de cette moto, tout comme mes clients. Elle est plus rentable, très silencieuse sur la route et particulièrement puissante pour nos routes vallonnées.”

Blanche DUSENGIMANA, Chauffeur de motoRwanda

Selon Blanche, une batterie chargée d’e-moto coûte entre 1 500 et 2 000 francs rwandais et permet de réaliser au moins 15 000 francs rwandais de bénéfices. C’est bien plus rentable qu’une moto à essence qui nécessiterait plus de 5 000 francs pour atteindre le même résultat. Depuis plusieurs années, le gouvernement rwandais s’est engagé dans le projet « E-Moto » avec un budget de plus de 150 millions de dollars. L’objectif est de rendre les motos électriques plus accessibles aux utilisateurs en collaboration avec les investisseurs dans ce domaine.

“S’il y a une chose que nous avons accomplie depuis que nous sommes sur le marché, c’est de mettre en place une infrastructure énergétique qui compte près de 400 stations d’échange. Il s’agit de stations où un client peut venir avec sa batterie déchargée et l’échanger contre une batterie complètement chargée. Au cours de ces deux dernières années, nous avons également réussi à créer une usine où nous assemblons des motos électriques, ainsi qu’une infrastructure énergétique conçue pour desservir l’ensemble du territoire national. Les progrès rapides et considérables que nous avons réalisés en si peu de temps nous confèrent un élan important grâce aux accomplissements déjà réalisés.”

Amit CHAWLA, Directeur général de SPIRO RwandaInde

Depuis janvier 2025, le Rwanda interdit l’immatriculation de nouvelles motos à essence destinées au transport commercial à Kigali, au profit des modèles électriques. Une mesure qui s’inscrit dans une stratégie plus large visant à électrifier 30% du parc de motos d’ici 2030. Avec près de 26 000 motos-taxis dans la capitale et environ 150 000 à l’échelle nationale, le potentiel de transition reste considérable. Si les motos électriques ne représentent encore qu’une part limitée, leur adoption connaît une croissance rapide, portée par des incitations fiscales et le développement d’infrastructures de recharge.

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