À São Tomé-et-Príncipe, l’accès à une électricité fiable reste un défi majeur malgré les progrès enregistrés ces dernières années. Fortement dépendant du diesel importé, l’archipel fait face à des coûts de production élevés et à des coupures récurrentes. Reportage sur les enjeux d’une transition énergétique devenue indispensable.
Dans l’archipel de São Tomé-et-Príncipe, l’électricité reste un défi majeur pour le développement économique. Si près de 84% de la population est aujourd’hui raccordée au réseau électrique, l’accès demeure fragile. Le pays produit environ 106 GWh d’électricité par an, mais 95% de cette production provient de centrales fonctionnant au diesel importé, faisant de l’énergie l’une des plus coûteuses d’Afrique subsaharienne. Pour répondre à cette urgence, le pays s’est doté de six nouveaux groupes électrogènes, acquis pour 1,8 million d’euros, afin d’ajouter près de 6 MW de capacité de production et de réduire les délestages à court terme.
‘’ Ces générateurs ont été acquis par l’EMAE. Le gouvernement, dans sa responsabilité, à faciliter l’attribution de la carte à confort pour que l’EMAE, en comprenant qu’elle n’avait pas de capital, puisse aller à la banque pour pouvoir financer ces groupes. Et aujourd’hui, ils sont là. Je crois qu’ils pourront réussir à surmonter la difficulté que nous avons rencontrée, qui est le défaut d’énergie. ‘’
Nelson Cardoso, Ministre des Infrastructures et des Ressources naturelles – São Tomé-et-Príncipe
Cette forte dépendance aux carburants importés expose le pays aux fluctuations des cours mondiaux du pétrole et aux difficultés d’approvisionnement. La Banque mondiale estime que le coût de l’électricité atteint 0,34 dollar par kilowattheure, le troisième plus élevé d’Afrique subsaharienne. À cela s’ajoutent des infrastructures vieillissantes, une capacité installée de seulement 38 MW, dont moins de la moitié est réellement disponible.
‘’Nous sommes tous très touchés ici. Moi, en tant que barbier, comme la dame qui travaille à la cuisine et bien d’autres, nous sommes tous concernés. Avec l’électricité, nous pouvons travailler, gagner notre vie et faire quelque chose de nos journées. Mais sans électricité, nous sommes paralysés. Nous ne pouvons plus travailler et nous n’avons plus rien à faire. ‘’
Gilson dos Anjos , Barbier – São Tomé-et-Príncipe
Face à cette situation, les autorités santoméennes accélèrent leur transition énergétique avec l’appui de la Banque mondiale et d’autres partenaires. En avril 2026, la Banque africaine de développement a approuvé un financement de 24,5 millions de dollars pour accompagner cette transition, avec des investissements dans le solaire, l’efficacité énergétique et l’extension du réseau électrique. L’objectif est d’atteindre 100% d’accès à l’électricité d’ici 2030 grâce au développement du solaire, de l’hydroélectricité et des mini-réseaux.



