À l’issue de la 68ème session ordinaire de la CEDEAO tenue à Abuja (Nigeria) le 14 décembre 2025, le Sénégal a été choisi pour présider la Commission de l’organisation pour la période 2026‑2030. Pour la première fois depuis la création de la CEDEAO en 1975, Dakar accède à cette fonction stratégique, saluant la diplomatie active du pays et son rôle de médiateur au sein de l’Afrique de l’Ouest.
Pour la première fois depuis sa création en 1975, le Sénégal prend la tête de la Commission de la CEDEAO pour la période 2026‑2030, après la 68ème session ordinaire tenue le 14 décembre 2025 à Abuja (Nigeria). Avec 18,4 millions d’habitants et un PIB de 34 et 35 milliards de dollars, le pays se positionne comme une économie intermédiaire de la région. Sous ce mandat, le pays entend redorer le blason de l’organisation et renforcer le dialogue entre États membres.
Je dois préciser que cette victoire a été pensée, construite, programmée. Ça n’a pas été une victoire fortuite. Et le président de la République, son Excellence M. Bassirou Diomaye Faye, en a été l’artisan. C’est lui-même qui a eu l’idée de lancer cette candidature.
Cheikh Niang, Ministre de l’Intégration africaine
Le choix de Dakar reflète aussi la diplomatie active du pays, menée sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, et son rôle traditionnel de médiateur en Afrique de l’Ouest. Pour le ministre de l’Intégration africaine, Cheikh Niang, la CEDEAO souffre de « problèmes de crédibilité ». Le Sénégal ambitionne relancer l’organisation via un dialogue renforcé avec les États membres et l’éventuelle réintégration des pays de l’AES, tout en consolidant sa position comme garant de la stabilité régionale.
Il y a une approche qui n’a pas été la bonne. Je pense que, quelque part, la CEDEAO a été assez dure avec ces pays qui sont partis. L’accompagnement n’a pas été parfait. Nous, Sénégal, ce que nous voulons faire, c’est de rétablir la crédibilité de la CEDEAO. C’est de voir comment nous pouvons, par le dialogue, parler à nos frères du Mali, du Niger, du Burkina, leur tendre la main pour qu’ils reviennent.
Cheikh Niang, Ministre de l’Intégration africaine
Les Forces armées sénégalaises, composées de 17 000 hommes et d’un budget de 350 à 400 millions de dollars, constituent un pilier pour prévenir les crises politiques. L’accent est mis sur la stabilité institutionnelle, une priorité qui devrait se refléter dans l’action de ce pays d’Afrique de l’Ouest au sein de la commission.
C’est en même temps important de souligner que, d’une part, ce qui va être important, c’est la personnalité sénégalaise qui sera choisie. Ce n’est pas simplement le fait que ce soit un ressortissant sénégalais, mais il faut que ce soit une personnalité qui ait effectivement un parcours, une expertise, une personnalité qui donne des chances pour que la Commission, et derrière la Commission, la CEDEAO elle-même, soit revigorée.
Gilles Yabi, Analyste politique
À mi-chemin entre diplomatie, sécurité et développement économique, le Sénégal se projette comme un acteur clé pour redynamiser la CEDEAO. Cinquante ans après la création de l’organisation, Dakar incarne désormais une ambition nouvelle : renforcer l’intégration régionale, stabiliser et redonner à la CEDEAO le prestige et l’influence dont elle a besoin.



