Lomé s’apprête à devenir le cadran d’une Afrique qui ne veut plus seulement habiter le temps des autres, mais enfin scander le sien. À travers ce colloque international, le Togo ne propose pas une simple fête, mais une véritable « décolonisation de l’agenda » pour réconcilier la science moderne avec les cycles ancestraux du continent. En explorant les rythmes de la pierre sacrée ou les héritages du calendrier éthiopien, ce rendez-vous scientifique cherche à transformer une mosaïque de traditions en un puissant levier d’unité politique et identitaire.
Et si l’Afrique reprenait la main sur sa manière de compter le temps ? La question quitte progressivement les cercles académiques pour entrer dans le débat public. À Lomé, le Togo porte une initiative visant à reconnaître un Nouvel An africain fondé sur les systèmes traditionnels de mesure du temps. L’objectif n’est pas de concurrencer le calendrier international utilisé dans les échanges économiques et diplomatiques. Il s’agit plutôt de restaurer un repère historique rappelant que les sociétés africaines disposaient déjà de leurs propres calendriers pour organiser l’année, les saisons et les cycles de la vie collective.
« C’est vrai que nous avions le calendrier grégorien qui nous dit aujourd’hui que nous célébrons 2026. Mais nous sommes conscients qu’avant 2026, nous nous, nos peuples existaient et ces peuples avaient des célébrations, célébraient également leur Nouvel An. C’est pourquoi nous voulons vous inviter, vous tous, ici, toutes et tous ici présents, qu’au moment venu. Si vous pouviez aussi apporter une contribution à la réussite de ce colloque international pour sur le Nouvel An africain, nous serons très heureux. Aujourd’hui, c’est la thématique sur laquelle nous nous sommes accrochés.»
Robert Dussey, Ministre des Affaires étrangères – Togo
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique continentale portée par l’Union africaine et les recommandations du 9ᵉ Congrès panafricain, alors que plusieurs traditions calendaires africaines restent vivantes, comme Yennayer ou le calendrier de l’Éthiopie. Pour structurer cette réflexion, un comité scientifique doit être mis en place et un colloque international annoncé à Lomé afin d’examiner ces traditions et d’explorer l’idée d’une période commune de célébration d’un Nouvel An africain.
« Le tout premier résultat dont je parlais, c’est déjà d’avoir une date pour qu’on puisse me dire que l’Afrique a un calendrier historique. Bien structuré et qui peut être scientifiquement considéré comme tel. Qu’on nous dise aussi que sur la base de ce calendrier, on peut avoir une date de célébration du Nouvel an africain et que le Nouvel an africain ne sera donc pas une décision politique. Mais ça sera une décision basée sur notre histoire, sur notre culture.»
Eyana Edjaide , Conseiller technique au ministère des Affaires étrangères – Togo
Chercheurs, étudiants, responsables publics et détenteurs de traditions sont attendus à ce rendez-vous scientifique. L’ambition est simple : croiser savoir académique et savoirs hérités des communautés



