Face aux risques croissants de flux financiers illicites, la Tunisie renforce son dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Le Conseil du Marché Financier déploie une stratégie ambitieuse jusqu’en 2026, fondée sur des contrôles renforcés, des formations ciblées et une supervision plus efficace du marché financier.
La Tunisie renforce sa lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Le Conseil du Marché Financier, CMF, a adopté une stratégie structurée à l’horizon 2026 pour consolider la transparence et la sécurité du marché financier. Cette feuille de route, conforme à la loi organique de 2015 amendée en 2019 et aux exigences du Groupe d’Action Financière (GAFI), concerne plus de 120 intervenants régulés du secteur financier tunisien, toujours exposés aux risques transfrontaliers.
La stratégie repose, en premier lieu, sur le renforcement d’un dispositif d’adhésion effective des intervenants du marché, à travers le passage d’une conformité formelle à une approche fondée sur les risques et la bonne gouvernance. À cet effet, le CMF assure le suivi de la mise en œuvre des plans d’action issus des travaux de contrôle, le renforcement du rôle des structures de conformité et de contrôle interne, ainsi que l’intensification des actions de sensibilisation et de diffusion d’alertes périodiques relatives aux risques émergents, tout en encourageant le recours aux solutions numériques modernes en matière de connaissance du client et de surveillance des opérations.
Communiqué, Conseil du marché financier
L’année 2024 a été marquée en Tunisie par une montée en flèche des signalements de blanchiment d’argent. La Commission tunisienne des analyses financières (CTAF) a réceptionné 1 236 déclarations de soupçon, contre 10 830 en 2023. Cette situation témoigne d’une hausse de 33,9 % des individus et entités suspectes, touchant majoritairement le secteur financier. La stratégie 2024-2026 du CMF intensifie la supervision basée sur les risques. Elle prévoit plus de 60 missions de contrôle ciblées (contre environ 30 précédemment), la publication d’au moins 5 guides sectoriels sur la détection des opérations suspectes, et la formation spécialisée de plus de 500 professionnels du marché financier en Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme.
Une nouvelle analyse a été menée en 2025-2026. Cette étude révèle une perspective renouvelée pour les palaces ainsi que des améliorations dans certaines zones. Ces éléments ont servi de base à l’élaboration de l’analyse stratégique pour 2026. Il est important de noter que cette analyse stratégique ne se limite pas à un simple document de nature purement planificatrice. Pour être effective, elle doit dégager des perspectives claires, évaluables par une méthode quantitative. Ceci est rendu possible grâce à l’implication de groupes de travail internationaux, et non seulement des groupes financiers du Moyen-Orient.
Mehdi Ben Mustapha, Directeur du Bureau de la communication CMF
Cette stratégie vise à réduire les vulnérabilités du marché financier tunisien, rassurer les investisseurs étrangers et positionner la Tunisie comme un acteur crédible dans la lutte contre la criminalité financière, conforme aux standards internationaux. Le Basel Anti-Money Laundering Index 2025, qui mesure la vulnérabilité des pays au blanchiment d’argent et aux crimes financiers connexes, classe la Tunisie au quatrième rang en Afrique parmi les pays les moins vulnérables au blanchiment d’argent. Le pays d’Afrique du Nord occupe le



