Les chefs d’État de la CEMAC se sont réunis ce jeudi 20 janvier 2026 à Kintélé pour un sommet extraordinaire placé sous le signe de la vigilance économique. Face à des perspectives macroéconomiques préoccupantes, ils ont adopté une série de mesures visant à renforcer la soutenabilité de la dette, consolider les finances publiques et accélérer la transformation structurelle de l’économie régionale.
Les chefs d’Etats du Gabon, de la République Centrafricaine et de la Guinée équatoriale ont répondu présent face à l’urgence de la situation économique des pays de la CEMAC. Le sommet extraordinaire présidé par le président en exercice Denis SASSOU NGUESSO ce 20 janvier 2026 à Kintélé au nord de Brazzaville, était placé sous le signe de la vigilance économique.
« La décision de convoquer ce sommet extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC a été prise dans le but de trouver des solutions appropriées à la situation économique, monétaire et financière que traverse notre sous-région. Comme nous avons pu le constater lors de nos échanges, des mesures de redressement doivent être mises en œuvre en urgence dans nos différents États.»
Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République – Congo
Parmi les points retenus en conclusion, les chefs d’État de la CEMAC ont recommandé de garantir la cohérence des lois de finances avec les engagements internationaux, de renforcer la transparence et la digitalisation des finances publiques. Ils ont aussi décider de préserver l’indépendance de la BEAC, de rapatrier les ressources et savoirs détenus à l’extérieur, d’assainir le secteur bancaire, et d’accélérer la transformation économique de la zone à travers la stratégie d’import-substitution et un suivi renforcé via PREF-CEMAC.
“Tenant compte des éléments soumis à leur analyse à travers les rapports présentés par le gouverneur de l’UEAC et le président de la commission de la CEMAC et soucieux de renforcer les mesures déjà prescrites, la conférence a exhorté les états membres à court terme garantir la cohérence entre les lois des finances et les engagements des états, notamment avec le Fonds monétaire international, et assurer leur compatibilité avec les objectifs de soutenabilité de la dette et de consolidation de la position extérieure à moyen terme.”
Balthazar Engonga Edjo’o, Président de la Commission de la CEMAC – Guinée équatoriale
Les économies de la CEMAC affichent une reprise modérée, le produit intérieur brut réel de la sous‑région a progressé d’environ 2,7 % en 2024, contre 2,0 % en 2023, tandis que l’inflation s’est réduite à 3,1 % au premier trimestre 2025, signalant un retour progressif vers les seuils communautaires. La croissance reste toutefois fragile face à la dépendance aux matières premières, aux tensions géopolitiques et aux pressions sur la dette publique.



