Inondations, sécheresses, glissements de terrain… Au Cameroun, les catastrophes climatiques touchent des centaines de milliers de personnes chaque année. Pour mieux protéger les citoyens, et anticiper ces risques, l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC) lance une plateforme numérique innovante, capable d’alerter, de protéger et de guider les décisions, avec l’expertise 100 % locale.
Sécheresse, inondations, températures extrêmes ou encore élévation du niveau de la mer : le Cameroun est confronté à des défis climatiques majeurs. Entre 2019 et 2024, plus de 311 000 personnes ont été affectées par des catastrophes liées au climat. Ces événements ont causé 121 décès et la destruction de près de 50 000 hectares de cultures, aggravant ainsi les vulnérabilités socio-économiques, selon l’Observatoire national sur les changements climatiques. Pour mieux anticiper ces aléas et limiter leurs impacts, l’Observatoire national sur les changements climatiques a lancé, le 14 janvier 2026, une plateforme numérique de suivi des risques climatiques, destinée à renforcer l’alerte précoce, la protection des populations et la réduction des pertes économiques.
«L’objectif est de mettre en place un outil de suivi en temps réel permettant de catégoriser les différents aléas climatiques, qu’il s’agisse des types de sécheresse ou d’inondations. Cet outil vise à améliorer la compréhension de ces phénomènes, mais aussi à identifier précisément le moment où ils surviennent, afin de faciliter la prise de décision. Sur le plan stratégique, il contribue aujourd’hui à renforcer la résilience de l’ensemble des secteurs d’activité, notamment l’agriculture, les travaux publics, et plus largement tous les secteurs impactés par le changement climatique. Il s’agit d’une plateforme conçue pour accompagner les acteurs dans leurs décisions et leur permettre d’anticiper plus efficacement les aléas climatiques. »
Poum Bimbar Ghislain, Expert en modélisation climatique à l’ONACC – Cameroun
Développée localement, la nouvelle plateforme climatique de l’ONACC s’inscrit dans la modernisation de la gouvernance climatique du Cameroun, en cohérence avec les priorités africaines de résilience, dans un pays où les catastrophes liées au climat coûtent près de 250 milliards de FCFA par an, soit environ 0,5 % du PIB. La plateforme repose sur des données multisources telles que l’observation météorologique, l’imagerie satellitaire et les informations de terrain, qui sont transformées en indicateurs opérationnels pour l’aide à la décision. L’outil intervient à quatre niveaux clés : alerte précoce, planification des investissements, gestion de crise et fiabilité des données scientifiques. Son innovation majeure repose sur l’intégration de l’intelligence artificielle, sous supervision humaine, afin de garantir la crédibilité et la traçabilité des informations.
« C’est un outil qui accompagne les stratégies de planification et d’adaptation, tout en renforçant la résilience climatique. Il permet d’accompagner les populations et les différentes sectorielles afin d’être plus efficaces et plus proactifs face aux différents aléas. »
Poum Bimbar Ghislain, Expert en modélisation climatique à l’ONACC – Cameroun
Au-delà de la technologie, le projet met en valeur l’expertise scientifique camerounaise et africaine. Des chercheurs, notamment de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé, ont contribué à adapter les modèles climatiques aux réalités locales. Des simulations menées à Douala et Maroua ont permis de tester la chaîne d’alerte, alors que près de 48 % de la ville de Douala demeure exposée aux risques d’inondation. Accessible via le site de l’ONACC, la plateforme ambitionne de devenir un outil partagé par les décideurs, les collectivités et les citoyens, renforçant ainsi la résilience du Cameroun face aux dérèglements climatiques.



