Bénin : le secteur culturel estimé 281 millions USD

En Afrique francophone, la musique connaît un véritable essor. Au Bénin, pays à la riche tradition musicale, seuls 29 % des artistes utilisent le numérique, et la monétisation de leurs œuvres reste quasi inexistante. Entre talents prometteurs et défis économiques, la filière tente de se structurer pour s’imposer sur la scène internationale.

Le Bénin confirme aujourd’hui son statut d’acteur majeur de l’industrie musicale en Afrique de l’Ouest. D’après un rapport de l’AFD Agence Française de Développement sur les Industries Culturelles et Créatives, le secteur culturel béninois pèse plus de 281 millions de dollars, soit près de 1 % du PIB national. Une dynamique portée par l’ADAC, l’Agence de Développement des Arts et de la Culture, qui accompagne les artistes, professionnalise les acteurs du secteur et ouvre des passerelles vers l’industrie musicale mondiale.

« Ce travail que nous faisons au Bénin, nous pensons que ça peut apporter un plus à la musique africaine francophone. Et c’est pourquoi nous créons un pont entre les artistes béninois, ou l’industrie au niveau du Bénin, et l’industrie au niveau international. »

William CODJO, Directeur Général de l’ADACBénin

Mais derrière cette vitalité, un défi persiste : celui de la monétisation numérique. Selon une étude menée par le chercheur béninois Paulin Gohoungodji, seuls 29 % des artistes utilisent réellement les outils digitaux, et très peu parviennent à rentabiliser leurs œuvres. Un contraste frappant avec les performances observées à l’échelle du continent, où les revenus de la musique enregistrée ont progressé de 22,6 % en 2024, pour atteindre 110 millions de dollars, d’après l’IFPI Fédération Internationale de l’Industrie Phonographique. Pourtant, la musique africaine francophone reste encore marginalisée sur les grandes plateformes.

« Aujourd’hui, l’économie, le modèle économique du secteur est mis à mal par cette dématérialisation-là. L’ADAC apporte son appui à cela, pour que nous ayons des plateformes spécifiquement africaines qui portent la musique africaine, parce que les plateformes internationales ont certes un pan réservé à la musique africaine francophone, mais cette part est mineure »

William CODJO, Directeur Général de l’ADACBénin

Au Bénin, comme dans une grande partie de l’Afrique francophone, l’industrie musicale avance entre créativité foisonnante et précarité numérique. Les spécialistes s’accordent : l’avenir reposera sur un écosystème plus structuré, mieux adapté aux réalités des artistes et capable de convertir le potentiel créatif en valeur économique. Un défi majeur, mais aussi une véritable opportunité pour hisser davantage la musique béninoise et africaine sur les grandes scènes internationales.

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