Depuis ses débuts en 2009, s’impose comme une figure majeure du slam burkinabè. Entre ses albums à succès et son engagement social, elle utilise la poésie comme levier de transformation, portant des messages sur la résilience, l’égalité et le développement communautaire.
Malika la Slamazone, voix emblématique du slam burkinabè, s’est imposée dès 2009 sur la scène du Waga Hip Hop Festival. Née en 1993 à Ouagadougou, Malika Ouattara s’impose dans un univers musical largement dominé par les hommes grâce à son timbre posé, sa diction précise et ses textes engagés. Son parcours artistique est marqué par une authenticité rythmée par les réalités sociales qu’elle porte avec force.
“Je pense que je n’ai pas véritablement choisi le slam. C’est le slam qui m’a choisi, tout simplement. Et lorsque je suis rentrée, j’ai commencé à checker, parce que je ne savais pas ce que c’était. J’ai fait des recherches, on m’a dit qu’on appelle ça du slam. Bien évidemment, on tombe sur Grand Komalade, Abdel Malik, Souleymane Diamanka, qui sont les précurseurs en tout cas, au niveau de l’Europe, bien sûr. Et donc on regarde, on se dit, on commence à écrire notre premier texte de slam. ”Malika Ouattara, Artiste slameuse – Burkina Faso
Après un premier album « Slamazone » sorti en 2016, dans lequel elle aborde des thèmes comme l’amour, l’infidélité ou encore la grossesse non désirée, Malika revient en mai 2025 avec un second opus intitulé « Réalité ». Composé de 16 titres, ce projet est à la fois une introspection personnelle et un manifeste social, explorant des sujets tels que les violences basées sur le genre, le mariage, le climat, la paix et la résilience. L’album est disponible en format CD et clé USB à des prix accessibles, affirmant sa volonté de rester proche de son public. Son écriture sensible et militante lui vaut plusieurs prix dans le slam en Afrique de l’Ouest, consolidant sa réputation.
“ J’aime à le dire, mon art ne repose que sur une seule chose, celle que je ressens et que je transmets. Je ne transmets que ce que je ressens. Et du coup, je ne slame que ce que j’ai envie d’extérioriser. Et c’est en ça que ça touche peut-être le public qui reçoit cette information-là.”Malika Ouattara, Artiste slameuse – Burkina Faso
Mais l’engagement de Malika ne s’arrête pas à la musique. En 2019, elle fonde la Fondation Slamazone, qui milite pour l’éducation, l’hygiène communautaire et le soutien aux personnes atteintes d’albinisme. Elle inaugure également le « Slamazone Gym Club » à Ouagadougou, une salle de sport moderne pour offrir aux jeunes un espace d’épanouissement et de création d’emploi. Selon elle, son art est indissociable de son combat social, une artiste citoyenne qui fait rimer convictions, poésie et action.



