Selon le ministère des Finances, les exportations de la filière bois ont reculé de près de 17 % au premier semestre 2025, pour atteindre 100,3 milliards de FCFA, d’après des données publiées le 4 février 2026. Cette baisse s’explique par un choc combiné de la demande, de la production et des coûts. Le repli de la demande internationale, dans un contexte de ralentissement du marché mondial et de concurrence accrue, s’ajoute aux contraintes internes liées aux difficultés logistiques, à la hausse des coûts d’exploitation, à l’alourdissement de la fiscalité et à l’augmentation des charges de transformation et d’exportation.
« La contribution de ce secteur ne représente qu’entre 2 % et 4 % des recettes de l’État. Pour corriger cette faiblesse et retrouver une croissance durable, le Cameroun doit impérativement réformer son modèle. Deux axes sont alors prioritaires : assainir le climat des affaires, en allégeant la pression fiscale et les coûts logistiques, afin de donner davantage de marge aux entreprises, et accélérer la transformation locale du bois. »
Alfred Guillaume Azombo, Expert en questions internationales – Cameroun
Plusieurs opérateurs du secteur estiment que la fiscalité à l’exportation est devenue un facteur d’étranglement. Depuis plusieurs années, les droits de sortie sur les grumes et autres produits forestiers ont été revus à la hausse, avec une surtaxe à l’exportation atteignant jusqu’à 4 000 FCFA par mètre cube réduisant les marges des entreprises. Malgré ce durcissement, les exportations de bois ont atteint 140,4 milliards de FCFA en 2024, soulignant la pression fiscale constante sur le secteur selon des sources du ministère.
« Exporter des produits à plus forte valeur ajoutée tout en garantissant une gestion forestière durable est, en quelque sorte, la clé pour concilier rentabilité économique et préservation des ressources. »
Alfred Guillaume Azombo, Expert en questions internationales – Cameroun
Pour des experts, ce recul met en lumière la nécessité d’une réforme profonde du modèle de production et d’exportation du bois camerounais.Le défi sera également de concilier ces ambitions économiques avec des pratiques durables de gestion forestière, afin de préserver les ressources naturelles du pays.



