Le président du Niger, le général Abdourahamane Tiani, a annoncé que la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES), mise en place par le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour répondre à l’insécurité régionale, voit son effectif porté de 5 000 à 6 000 soldats, en réponse à une détérioration des menaces sécuritaires dans l’espace sahélien. Cette annonce, faite lors d’une interview à la télévision publique nigérienne, vise à adapter et renforcer la capacité opérationnelle de cette force conjointe face à des attaques djihadistes et des violences transfrontalières croissantes qui continuent de fragiliser les trois États membres.
“Nous sommes conscients que les mercenaires bénéficient de soutiens matériels, financiers, en armement ainsi qu’en renseignements de très haute technologie. Ce constat a conduit à la présentation de la Force unifiée dont l’effectif a été revu à la hausse, passant à 6 000 hommes au lieu des 5 000 initialement prévus « afin qu’elle puisse faire face à toute éventualité.”
Abdourahamane Tiani, Président de la République – Niger
Le Sahel demeure l’une des zones les plus touchées par l’insurrection djihadiste en Afrique. Des groupes comme le JNIM et l’État islamique au Grand Sahara multiplient les actes de violence, tels que l’attaque du 29 janvier 2026 contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey et le blocus de l’approvisionnement en carburant imposé au Mali. Malgré la mise en place d’une force commune, les défis persistent pour les États membres confrontés, à une violence armée tenace, à des difficultés financières, à des besoins logistiques considérables et au manque d’un cadre supranational pleinement opérationnel, ce qui pourrait nuire à la rapidité et à l’efficacité des interventions.
Nous avons conduit des rapports avec les forces de défense et de sécurité pour leur porter un message de félicitations mais également un message de sensibilisation car nous savons ce à qui nous avons affaire et nous sommes conscients de la capacité de ceux qui sont en face de nous d’utiliser tous les mêmes objectifs pour nous soumettre. Donc il fallait que les forces de défense et de sécurité soient sensibilisées pour faire face à tout type de menaces autres que les menaces auxquelles elles sont habitées, c’est-à-dire la confrontation avec les mercenaires.
Abdourahamane Tiani, Président de la République – Niger
Outre le renforcement de la force unifiée, l’alliance met en œuvre des mesures visant à optimiser la coordination, le renseignement et la logistique, tout en travaillant à l’établissement d’une chaîne de commandement plus efficace et réactive. Simultanément, d’autres domaines d’intégration sont explorés, tels que le lancement d’une chaîne de télévision conjointe destinée à contrer la désinformation et la création d’institutions économiques à structure confédérale.



