Le Dakar Music Expo (DMX) 2026 Dakar, au Sénégal, a fait de la mobilité des artistes africains un sujet central. Professionnels et créateurs du continent y ont dénoncé les lourdes contraintes administratives et logistiques entravant les carrières internationales. Une conférence à l’Institut français a souligné que l’exportation de la musique africaine reste un véritable parcours du combattant. Les participants appellent à une meilleure circulation des talents pour renforcer l’impact de l’industrie musicale sur la scène mondiale. Le salon s’affirme ainsi comme un espace crucial de plaidoyer pour la structuration et le rayonnement du secteur.
C’est une tension permanente que nous vivons sur le terrain au quotidien. Je prends ici un exemple concret, celui de l’orchestre Djiguene Gni, un collectif féminin. Nous préparons actuellement une tournée européenne prévue du 26 mars au 30 octobre. Mais cette tournée se heurte à une réalité, la règle des 90 jours, c’est vraiment un frein. Nos visas sont accordés pour 90 jours de présence dans l’espace européen. Cela nous le comprenons, c’est une règle déjà connue, mais ce qui complique tout c’est l’interprétation stricte qui nous est faite. Si nous quittons l’Europe pour revenir en Afrique, nous devons attendre 90 jours pour revenir en Europe. Ça fout en l’air notre tournée de six mois.
Fadel Lo, Journaliste culturel – Sénégal
Sur le continent, certaines initiatives commencent néanmoins à émerger. Plusieurs pays, dont le Bénin, le Sénégal, le Burkina Faso ont mis en place des fonds publics destinés à soutenir la mobilité internationale des artistes.
“Actuellement au Burkina, il existe au niveau du ministère de la Culture, des fonds qui permettent à des artistes de tourner. Au niveau du fonds de développement culturel et touristique qui est financé par un fond public avec des partenaires comme Wallonie Bruxelles, comme la Suisse comme le Canada. Il existe des créneaux qui permettent à des artistes de tourner. Il manque quelques clés mais les artistes s’organisent de plus en plus. “
Anselme Sawadogo, Programmateur du Jazz à Ouaga – Burkina Faso
“ Aujourd’hui la première opportunité, ce sont ces marchés là. Nous avons le DMX ou nous sommes, nous avons Visas for music, le Masa, ce sont pour l’ossature de la musique “the place to be” régulièrement. Cela ne peut pas se faire automatiquement la première fois ou la deuxième fois qu’on y va. Mais il faut creuser dessus. Je pense que les demandes ne sont pas laissées lettre morte auprès des autorités qui se sont rendu compte que financer la culture, c’est aussi financer la mobilité.
Luc Mayitoukou, Entrepreneur culturel – Congo
Selon la Commission européenne, le taux de refus de visas Schengen pour les Africains a atteint 28,4 % en 2024, soit plus de 700 000 rejets. L’Afrique est la zone la plus touchée, impactant lourdement les artistes musiciens dont les taux de refus dépassent souvent 40-50 %. Cette situation concerne particulièrement des pays comme le Sénégal, le Mali et la Guinée-Bissau, freinant ainsi leur rayonnement international.



