À Lomé, le Togo ajuste sa stratégie face à une région désormais structurée en blocs parallèles. Entre l’Alliance des États du Sahel et la CEDEAO, la ligne choisie privilégie le dialogue opérationnel. Objectif affiché : maintenir des passerelles là où les équilibres se redessinent.
Depuis la montée en puissance de l’Alliance des États du Sahel, l’Afrique de l’Ouest fonctionne sur une logique de blocs. Le Togo adapte en conséquence sa stratégie 2026–2028, sous l’impulsion du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé. Il ne s’agit plus d’appliquer un cadre hérité de 2021, mais de composer avec une géopolitique mouvante où les lignes d’influence se déplacent.
« Nous sommes dans un nouveau contexte géopolitique. Il n’y avait pas encore la Confédération des États du Sahel auparavant. Aujourd’hui, elle existe en dehors de la CEDEAO. »Robert Dussey , Ministre des Affaires étrangères – Togo
Dans cette reconfiguration, la réponse togolaise s’articule autour de cinq axes : dialogue politique avec les pays sahéliens, lutte contre le terrorisme, intégration des populations, coopération économique et renforcement des systèmes éducatifs et de formation. Une grille d’action conçue pour stabiliser sans s’aligner.
« Le Togo veut rester un pays de paix et de dialogue. Lomé est un pont entre l’AES, la CEDEAO et la communauté internationale. »Robert Dussey , Ministre des Affaires étrangères – Togo
Les données donnent la mesure de l’enjeu. L’Alliance des États du Sahel regroupe trois États: le Mali, le Burkina Faso et le Niger pour près de 80 millions d’habitants et environ 62 milliards de dollars de produit intérieur brut. Cet ensemble, encore en structuration mais déjà engagé dans une dynamique confédérale, évolue dans un environnement sécuritaire sous pression. Au cœur de la réunion stratégique du 18 avril 2026 au Palais des Congrès de Lomé, le Togo a réussi à maintenir un espace d’échanges en réunissant ministres sahéliens et représentants de la CEDEAO. Dans un contexte où les cadres de concertation se resserrent, cette rencontre s’impose comme un point de contact direct entre acteurs régionaux. Une configuration peu fréquente, portée par une approche inclusive et orientée vers le dialogue opérationnel.



