La candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU s’inscrit dans un contexte international en pleine recomposition, marqué par des enjeux majeurs de gouvernance mondiale et de réforme du multilatéralisme. Portée par une vision centrée sur la paix, la sécurité, le développement et une gouvernance onusienne plus inclusive, elle répond à de fortes attentes africaines.
Face à la multiplication des crises systémiques en Afrique, conflits armés persistants, dérèglement climatique et creusement des inégalités, la candidature de Macky Sall à la tête de l’ONU, portée par la vision « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur », vise à réformer un ordre international fragilisé. Il défend une réforme articulée en trois axes complémentaires: l’intégration de la paix, de la sécurité et du développement avec un accent sur la prévention des conflits et les États fragiles, la modernisation d’un multilatéralisme plus inclusif face aux crises globales, et une gouvernance onusienne plus efficace, transparente et digitalisée.
La réforme des Nations-Unies va buter sur un verrou qui est structurel le droit de veto des cinq grandes puissances du Conseil de sécurité. Et dans un nouveau contexte de guerre froide, il est clair qu’aucune puissance ne voudra voir son pouvoir se diluer. Puis, d’autre part, il y a une sorte de mésentente. Si on regarde le Sud global par exemple, il n’y a pas d’entente pour savoir qui va occuper le siège permanent. Et puis le multilatéralisme est mis à mal par des blocs tels que le G20 et les BRICS, qui s’avèrent beaucoup plus agiles que les Nations unies. Donc, ça va être véritablement compliqué de réformer cette grande maison.
Boubacar Ba, Journaliste – Sénégal
Dans ce contexte, les attentes de l’Afrique sont particulièrement élevées : bien que centrale dans les travaux du Conseil de sécurité de l’ONU, elle ne dispose d’aucun siège permanent et seulement de trois sièges non permanents attribués pour des mandats de deux ans selon un système de rotation, tandis que depuis janvier 2026 la République démocratique du Congo et le Liberia y siègent dans un contexte de multiplication des crises humanitaires et conflits, notamment au Soudan, au Sahel et dans l’est de la RDC. À cela s’ajoutent des enjeux climatiques majeurs, avec des coûts d’adaptation estimés entre 30 et 50 milliards USD par an sur la prochaine décennie en Afrique subsaharienne, ainsi que des défis persistants liés au maintien de la paix et à la résolution des conflits, renforçant l’urgence d’une réforme de la gouvernance mondiale.
Alors cette candidature, celle de Macky Sall, est un levier symbolique et diplomatique très puissant. En portant la vision d’un matérialisme refondé, Macky Sall On ne demande pas seulement une place pour l’Afrique. Il propose une nouvelle doctrine de sécurité qui lie le développement et la stabilité. Et si cette démarche aboutit, cela transformerait tout simplement, selon moi, l’Afrique de sujet de l’ordre international en un architecte de la gouvernance accélérée des dossiers cruciaux comme la réforme de l’architecture financière mondiale et l’obtention du siège permanent au Conseil de sécurité, en utilisant le leadership sénégalais comme un pont entre le Nord et le Sud.
Boubacar Ba, Journaliste – Sénégal
Toutefois, la candidature de Macky Sall s’inscrit dans une équation diplomatique complexe marquée par des divisions africaines, avec l’absence de consensus au sein de l’Union africaine, des réserves de certains États et la distanciation d’au moins une vingtaine de pays, tandis que le Sénégal l’a officiellement désavouée le 27 mars 2026 en affirmant n’avoir « à aucun stade » soutenu cette initiative, fragilisant ainsi sa légitimité. Malgré cela, il poursuit sa campagne en s’appuyant sur son expérience (2012–2024) à la tête du Sénégal et sa présidence de l’Union africaine en 2022.



