Le Nigéria facilite le rapatriement volontaire de ses citoyens d’Afrique du Sud face à la montée des tensions anti-migrants et aux semaines de manifestations visant les ressortissants étrangers. Cette initiative intervient alors que l’Afrique du Sud accueille environ 2,4 millions de migrants internationaux, soit 3,9 % de sa population, selon les données officielles du recensement, ce qui souligne la persistance des pressions migratoires. Les premiers chiffres indiquent qu’au moins 130 Nigérians se sont inscrits pour être évacués, sur un total estimé à 30 000 personnes vivant en Afrique du Sud.. Parallèlement, les autorités sud-africaines ont enregistré plus de 109 000 expulsions ces deux dernières années, témoignant d’un durcissement des contrôles.
« Le consulat du Nigéria, en collaboration avec la NICASA, a proposé un vol de rapatriement gratuit à tout Nigérian souhaitant quitter définitivement l’Afrique du Sud. La procédure est en cours. »
Frank Onyekwelu, président de l’Association des citoyens nigérians en Afrique du Sud (NICASA) – Nigeria
Au-delà des évacuations immédiates, cet épisode révèle des tensions structurelles plus profondes en Afrique du Sud. Les données officielles de Statistics South Africa font état d’un taux de chômage d’environ 32 %, le chômage des jeunes dépassant les 40 %. La pression persistante sur le logement, la santé et les services publics continue d’alimenter le sentiment anti-migrants dans certaines parties de la société sud-africaine, provoquant périodiquement des violences et des tensions diplomatiques à travers le continent.
“Je crois que la principale raison de notre présence ici aujourd’hui est de réaffirmer notre position : en tant que peuple sud-africain, nous sommes exaspérés par les millions d’immigrants illégaux qui ont afflué dans notre pays. En réalité, personne ne sait combien d’entre eux circulent ici sans papiers. Mais ils sont présents à chaque coin de rue, même dans les zones rurales”.
JACINTA NGOBESE-ZUMA, Fondatrice, March and March Organisation – Afrique du Sud
Alors que les plans de rapatriement se mettent en place, les deux pays sont confrontés à une pression accrue pour améliorer la gouvernance des migrations, protéger les ressortissants étrangers et préserver la coopération régionale, à un moment où la mobilité demeure essentielle à l’intégration économique de l’Afrique.



